Le duel : QB vs
Coach
Le
quarter back, sert de transition ...
Si tous les joueurs sont briefés par les techniciens,
un seul d’entre-eux repart sur le terrain avec la consigne
d’attaque à appliquer, le quarterback. C’est
lui qui sert de transition avec le reste des joueurs. C’est
le capitaine du navire. Il peut passer le ballon aux coureurs,
le lancer aux receveurs et même courir avec, le cas
échéant.
C’est un peu le demi de mêlée d’une
équipe de rugby ou encore le N°10 d’une équipe
de soccer, par qui toutes les balles passeraient.
Mais ces deux postes englobent, en Europe, une notion de créativité.
Au rugby ou au soccer, le meneur de jeu prend à sa
charge une part d’improvisation.
La seule prononciation de ce mot ferait rire aux éclats
un coach, aux Etats Unis.
Les joueurs sont
des exécutants ...
La créativité, l’improvisation, sont des
notions qui sont là-bas confisquées par les
coaches. Au grand dam des joueurs qui se sont transformés
au fil des ans en mécaniques robotisées.
Un QB de la NFL témoigne : « J’assiste
à la robotisation des joueurs. Lorsque je rentre sur
le terrain, après avoir été sur la touche,
ça me saute aux yeux. Je demande à mes hommes
de ligne où je peux courir ou bien à mes receveurs
quel est le meilleur parcours pour eux. Ils me regardent avec
des yeux ronds, et n’ont pas grand chose à dire.
Ils ont été programmés pour éviter
de penser, et pour exécuter les gestes qu’on
leur dicte».
La maigre place accordée à l’improvisation
se situe dans un canevas tactique extrêmement étroit.
Les joueurs sont devenus des exécutants de luxe, se
contentant de réciter les mouvements décidés
par les coaches. Surtout depuis que l’ordinateur est
utilisé dans la préparation des matches.
Le
quarterback est en quelque sorte l’émanation
physique de la pensée du coach. Tous ses tissus cérébraux
doivent être imprégnés de la philosophie
de jeu de son coach. Un bon QB se doit de connaître
parfaitement les tactiques offensives, mais aussi les signaux
codés transmis du bord de touche.
En raison de l’espionnite aiguë qui règne
en NFL, le système de transmission des tactiques est
devenu de plus en plus complexe. Désormais, le QB remplaçant
joue le rôle de sémaphore, exécute dix
signaux dont un seul sera effectif. Sur le terrain, le QB
titulaire devra conserver à l’esprit celui qui
sera le bon dans la série. Un vrai dialogue à
l’image des sourds-muets.