La
faiblesse du backfield défensif est mise à jour.
Un événement va pourtant faire changer les mentalités.
A l’Eurobowl 89, les Anges Bleus se font étriller
37-00 par les Red Barons de Cologne. Le QB américain
des allemands complète 80% de ses passes en position
«shotgun». Les Anges, dont le QB américain
n’est pourtant pas «manchot», ne vont jamais
pouvoir développer leur jeu. Car le calibre de leur
ligne offensive est insuffisant face à la pression
allemande.
Autre
fait marquant, lors de la finale 1990. Les Castors, en recherche
d’inspiration, vont tenter la stratégie de la
longue passe et réussir à surprendre plusieurs
fois leur adversaire, même s’ils ne remportent
pas la victoire. La faiblesse du backfield défensif
est mise à jour.
Saison 91, La Courneuve se loue les services du bras magique
de Lee Pongraphon, un américain mais qui a aussi la
nationalité thaïlandaise, ce qui change tout !
Et les résultats ne se font pas attendre. Les Castors
puis les Sphinx suivent en se louant les services de Tony
Jones, un anglais.
Dés
lors, pour améliorer la vitrine de la poule Elite et
ainsi attirer un peu plus de spectateurs, les instances fédérales
autorisent les QB américains, réclamés
par certaines équipes soucieuses de s’aligner
sur les autres pays européens. Le monde aérien
va prendre définitivement de la hauteur.
La
poule aux œufs d’or …
Cette liberté accordée aux clubs va permettre
de voir débarquer en France non pas un joueur par équipe
mais des duos RB/lineman et le plus souvent un trio QB/receveur/LB.
Car les mains françaises sont jugées encore
insuffisantes.
Paradoxalement, le jeu français va être confronté
à un énorme problème. D’un côté,
le niveau de jeu ne va pas cesser de gagner en rapidité
d’exécution, au grand bonheur des spectateurs.
Mais d’un autre, va accroître le monopole des
américains au détriment de l’épanouissement
des nationaux.
Et ce qui fut, au début, une poule aux œufs d’or
pour le niveau du jeu va vite s’inverser par manque
de résultat et trop de prévisibilité.
Malcolm Glover en est l’exemple type. Avec lui, les
flashs ont sans doute possédé un des meilleurs
bras ayant évolué en France. Il officiait avec
Rudy Elliott qui du point de vue receveur, n’avait personne
à envier. Seulement voilà : les deux compères
constituaient 90% du jeu de passe de La Courneuve et prés
de 70% de l’attaque totale. Alors toutes les défenses
se sont ajustées et les résultats ont oscillé.
Et puis, il y a eu l’exemple de ces équipes qui
ont fait venir à prix d’or des joueurs américains
dont l’intégration dans l’équipe
a fait naître des dissensions qui ont nui aux performances.
Des
formations plus spectaculaires …
Les choses ont considérablement évolué
depuis, même si la problématique reste la même
quant à la place à accorder aux étrangers
dans le jeu à la française.
Il est certain que les receveurs français ont accru
leurs capacités, permettant de mettre en place des
formations plus spectaculaires, type «ace». Il
est certain aussi que l’apport de recrues étrangères
est bénéfique tant du point de vue performances
que du point de vu partage des connaissances.
A
ce titre, la réussite offensive des Spartiates lors
de la saison 2004 nous apporte une réponse, en démontrant
que le sort d’une équipe n’est pas de reposer
sur les épaules d’un seul étranger (voire
sur celles de 3) mais sur le rehaussement général
du niveau. (FM)