Kill
the fighting irish ...
Pourtant,
les catholiques ont eu la vie dure. Au début du siècle,
dans une nation de souche protestante (Les fameux White Anglo
Saxon Protestants) les cathos sont la minorité honnie.
Lorsque
la petite fac de Notre-Dame se lance dans le football, elle offre
une raison d’espérer à tous les déshérités
catholiques. Surtout les irlandais, considérés comme
indésirables.
Tous les flics et les ouvriers appelés O’Malley ou
Kelly se sont sentis soulevés par les victoires de Notre-Dame,
qui est devenue une cause plus qu’une école.
En 1905, lorsque Northwestern reçoit Notre-Dame, le chant
de guerre de ses supporters est une invitation au meurtre : «
Kill the fighting Irish ! » hurlent-ils. Tuez ces bagarreurs
(comprenez voyous) d’Irlandais ! La légende va naître
à ce moment car ceux sont eux qui vont l’emporter
5-0. Le lendemain, par défi, ils adoptent ce surnom de
« Fighing Irish ».
George GIPP, un type un
peu fou...
Une légende en appelle d’autres. George Gipp, dit
« The Gipper », premier All-American élu à
l’unanimité, half back extraordinaire, vedette phare
de la fin des années 1910. GIPP, un type « déganté
», incontrôlable, buveur, fumeur, noceur et parieur
invétéré (rien que ça !) mais qui
rushe sur 2341 yards, en 23 matchs. Une performance dépassée
en 1978 seulement. Et encore, il a fallu quatre saisons à
Heavens pour y parvenir.

« Rock, je sens que je m’en vais . » Le 14 décembre
1920, à 25 ans, Gipp s’éteint sur son lit
d’hôpital. Knute Rockne, son coach, est à ses
côtés. « Mais ça va », poursuit
Gipp. « Je n’ai pas peur. Un jour, Rock, quand l’équipe
sera en difficulté, va voir les gars et dis-leur de tout
donner et gagner pour le Gipper. Je ne sais pas où je serai,
mais je le saurai et je serai bien. » La scène, véridique,
a ému des générations d’Américains.
Elle a même été immortalisé au cinéma
par … Ronald Reagan.
Il y eu ensuite les Quatre Cavaliers. Les Four Horsemen (Stuhldreyer,
Miller, Crowley et Layden). Quatre fabuleux joueurs qui passèrent
à la postérité en posant sur 4 chevaux noirs
après un succès retentissant sur Army, en octobre
1924. On les surnommait la Famine, la Peste, la Destruction et
la Mort.
7 Heismans ...
Depuis ces temps anciens, Notre-Dame n’a eu de cesse de
générer une liste folle de monstres sacrés.
Mesure-étalon : les Heisman Trophy. Notre-Dame en a sorti
sept : Angelo Bertelli (43), John Lujak (47), Leon Hart (49),
John Lattner (53), Paul Hornung (56), John Huarte (64), Tim Brown
(87). Sans parler des inombrables joueurs qui ont essaimé
la NFL, dont un certain Joe Montana.
Les maîtres-mot de la philosophie à Notre-Dame c’est
la foi et la discipline. A Notre-Dame, les garçons et les
filles ont chacun leur dortoir. Après 23 heures, la mixité
devient un délit grave. Le football n’échappe
pas à l’ambiance en vigueur sur le campus. «
Le football n’a la priorité que trois heures par
jour, ici les études priment. », souligne le coach.
A Notre-Dame, 98 % des joueurs reçoivent leur diplôme
après quatre ans d’études. Attention, le rectorat
ne supporte pas les cancres. Il n’est pas rare de voir des
joueurs mis sur la touche et renvoyé à leur chères
études pour manquements à leurs devoirs scolaires.
Rigueur dans les études et fighting spirit sur le terrain,
voilà l’image que veut conserver la fac. De toute
façon, les fans sont rassurés la Vierge protège
le campus et le Golden Dome. (Marc Chalamet)
Belette
- 2005 |