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N°1 - Février 2007

Au sommaire du numéro 1

Chronique de Blaise : Bilan des Bowls
Zoom sur : BCS Bowls
Dernières brèves
Vos questions ?

Bilan des Bowls 2006-2007

Un mois après la clôture de la saison 2006 de College Football qui a vu le sacre des Florida Gators, nous entamons cette nouvelle rubrique d’Elitefoot.com consacrée au football universitaire. La première chronique est consacrée au bilan des principaux bowls de post-saison. Des surprises Boise State et Florida, à l’effondrement des super-programmes de la Big Ten, tour d’horizon !

Coté BCS, les cinq bowls majeurs ont amené leur lot de surprises et de confirmations.

Les grosses écuries de la Big Ten, qui avaient trusté les premières places des classements de la presse et des coaches tout au long de la saison, n’ont pas joué au niveau de leur réputation. Résultat sans appel : deux lourdes défaites pour Ohio State au BCS National Championship Game (14-41 contre Florida) et Michigan au Rose Bowl (18-32 contre USC).

Considérée par beaucoup comme la conférence la plus relevée, la SEC a fourni un champion difficilement contestable : avec le calendrier le plus difficile de toute la Division I-A (matches contre Alabama, LSU, Georgia, South Carolina et à Tennessee, Auburn et Florida State, excusez du peu…), Florida a gravi (parfois péniblement) une à une toutes les marches menant au Championship Game, ne trébuchant qu’à une seule reprise dans leur parcours du combattant (à Auburn, 17-27). Pourtant largement pronostiqués battus (voire archi-battus), les Gators ont remporté de main de maître le match du titre face à des Buckeyes méconnaissables.

Après une saison assez largement en-deça des attentes, Notre Dame a une nouvelle fois échoué dans un bowl : les Fighting Irish n’en ont plus gagné depuis 1994. Le statut particulier de ND au sein du College Football n’est sans doute pas étranger à cette médiocrité post-saisonnière. Au Sugar Bowl, Notre Dame a subi la loi de LSU, qui s’impose de façon autoritaire et impressionnante (41-14).

De son coté, USC a prouvé par sa large victoire au Rose Bowl que les défaites à Oregon State et UCLA n’étaient que des accidents de parcours et que la dynastie lancée en Californie du Sud en 2001 par Pete Carroll est toujours dominante.

Wake Forest, sacré champion de la très disputée conférence ACC après sa courte victoire face à Georgia Tech (9-6), n’a pas tenu la longueur contre la solide équipe de Louisville, vainqueur de justesse de la conférence Big East. Les Cardinals s’imposent au finish à l’Orange Bowl face aux Demon Deacons (24-13) pour boucler une très bonne saison, sanctionnée d’une seule défaite au compteur (25-28 à Rutgers).

La plus grande sensation des BCS bowls sera finalement venue du Fiesta Bowl. Sur le papier, la confrontation pouvait sembler être la plus déséquilibrée de toutes celles des bowls : d’un coté l’ogre Oklahoma, champion de la Big XII (la conférence du champion national sortant, les Texas Longhorns) et super-puissance historique du College Football, de l’autre le petit poucet Boise State, champion invaincu de la mineure Western Atlantic Conference. Au final, un match d’anthologie remporté sur le fil par les Broncos (43-42 OT). Une victoire de David contre Goliath, ponctuée par une demande en mariage du RB vedette des Broncos Ian Johnson à sa cheerleader de petite amie, qui fait de Boise State la seule équipe invaincue de la saison 2006 (13-0) et relance le débat sur la non-participation de l’équipe de Chris Petersen au Championship Game... Mais au-delà de la polémique, il faudra surtout se souvenir de l’intensité dramatique des cinq dernières minutes du temps réglementaire et de la prolongation qui ont fait entrer ce Fiesta Bowl dans le Top Ten des plus grands matches de l’histoire du College Football.

Dans les autres principaux bowls, Wisconsin et Penn State ont sauvé l’honneur de la Big Ten en remportant respectivement les prestigieux Capital One Bowl (17-14 contre Arkansas) et Outback Bowl (20-10 contre Tennessee) face à deux équipes de la SEC. Joe Paterno signe ainsi son 22ème succès en post-saison (en 33 participations, record du genre) et les Nittany Lions confirment que l’excellente saison 2005 n’était pas un feu de paille. Les Badgers concluent quant à eux une remarquable saison, à nuancer toutefois par un calendrier relativement facile, par un record de 12-1 que seules les saisons plus solides de Michigan et Ohio State ont rendues insuffisant pour atteindre un BCS bowl.

Deux défaites pour la conférence SEC dont Georgia au Chick-fil-A Bowl (31-24 contre Virginia Tech) et Auburn au Cotton Bowl (17-14 contre Nebraska) ont néanmoins contribué à redorer le blason. Ajoutées aux victoires de LSU et Florida en BCS bowls, la très relevée conférence SEC boucle en post-saison un bilan de 6-3 tout à fait honorable.

La Big East a, quant à elle, réalisé le sweep parfait (5 victoires en autant de confrontations) : à la victoire de Louisville à l’Orange Bowl, il faut ajouter notamment le succès serré de West Virginia sur Georgia Tech au Gator Bowl (38-35) et la promenade de santé de Rutgers au Texas Bowl (37-10 contre Kansas State, pourtant vainqueur de Texas 45-42 en saison régulière). Les Scarlet Knights terminent ainsi en beauté une saison qui les a vu à deux doigts de remporter leur conférence après une année 2005 moyenne (7-5). Pour les Mountaineers, 3ème seulement de la Big East derrière Louisville et Rutgers, la saison laissera un goût amer après les espoirs envolés de titre national.

Coté Big XII, à noter la victoire à l’Alamo Bowl du champion sortant Texas contre Iowa (26-24). Les Longhorns finissent une somme toute bonne saison (10-3) compte tenu de la difficile succession au poste de QB pour pallier le départ de Vince Young en NFL. Les Hawkeyes, en revanche, terminent avec un bilan négatif (6-7) une saison dans laquelle ils étaient attendus bien plus haut, et participent pleinement à la déroute de la Big Ten dans ces matches de fin de saison (2-5). La Big XII ne fait guère meilleure figure, avec les défaites d’Oklahoma au Fiesta Bowl, de Nebraska au Cotton Bowl et de Texas A&M (également vainqueur de Texas 12-7 en saison régulière) contre California à l’Holiday Bowl. Les Aggies s’inclinent lourdement (45-10) contre les Golden Bears de Berkeley, auteurs d’une très belle saison dans laquelle ils ont disputé jusqu’au bout à USC la suprématie dans la Pac-10.

La conférence Pac-10 a partagé les points dans ces bowls (3-3), les victoires de Southern Cal et Cal étant complétées par celles d’Oregon State, vainqueur sur le fil (39-38) contre Missouri dans un excellent Sun Bowl. UCLA n’aura eu qu’un highlight dans sa saison (sa victoire 13-9 sur USC) et s’incline sans gloire 44-27 à l’Emerald Bowl contre Florida State.

Malgré cette victoire des Seminoles (20ème victoire en Bowl de Bobby Bowden), et celle du bien pâlichon Miami (21-20 contre Nevada au MPC Computers Bowl), la conférence ACC aura globalement déçu dans ces matches de post-saison (4-4). Seuls deux des six premiers du classement de l’ACC ont remporté leurs bowls, Boston College d’un cheveu contre la Navy (25-24 au Meineke Bowl) et Maryland (victoire solide 24-7 contre Purdue au Champs Sports Bowl). L’ACC, avec les saisons en demi-teinte des habituels cadors Florida State et Miami, s’est révélée un peu tendre dans le final national.

Dans les bowls mineurs, Texas Tech a réalisé un retour invraisemblable contre Minnesota dans l’Insight Bowl (44-41 OT) après avoir été mené de 31 points au cours du troisième quart-temps. Il s’agit du plus gros retour gagnant enregistré dans l’histoire des bowls. Dans l’Hawaii Bowl, remporté par Hawaii 41-24 sur Arizona State, le QB des Warriors Colt Brennan a compilé un astronomique 33 sur 42 pour 559 yards, 5 TD et une seule interception. Les 4 sacks infligés par les Sun Devils n’auront pas suffi à empêcher les Warriors de remporter leur 11ème succès à plus de quarante points ni Colt Brennan de battre le record de TD en une saison avec 58 unités (en 14 matches, soit plus de 4 TD par match !).


Dernières brèves

Jeff Samardzija (WR, Notre Dame) a signé un contrat d’une durée de 5 ans avec les Cubs de Chicago pour un montant de 10 millions de dollars. Âgé de 21 ans, Samardzija, auteur pour sa saison senior de 78 réceptions pour 1017 yards et 12 TD était pressenti au premier tour de la draft NFL (28-29 avril). « Le baseball est mon premier amour. J'ai joué au baseball toute ma vie », a-t-il expliqué.

Dans le traditionnel Senior Bowl, qui oppose en deux équipes Nord et Sud les joueurs seniors en partance pour la NFL, le Nord emmené par Troy Smith (QB, Ohio State) a facilement disposé du Sud de Chris Leak (QB, Florida). Score final : 27-0, le premier blanchissage de l’histoire du bowl. Avec 39 yards et 1 TD, Tony Hunt (RB, Penn State) a été élu MVP de la rencontre, qui a également vu les excellentes prestations des defensive linemen de Nebraska Adam Carriker et Jay Moore. Autres performeurs notables : Levi Brown (OT, Penn State), Drew Stanton (QB, Michigan State), Brian Leonard (RB, Rutgers), Patrick Willis (LB, Mississippi), Kareem Brown (DT, Miami), Daniel Sepulveda (P, Baylor) et Josh Beekman (OG, Boston College). De bonnes performances qui pourraient leur rapporter des millions fin avril…
Certains undergraduates répondront également fin avril à l’appel de la NFL et, pour quelques dollars de plus, écourtent leurs études universitaires. Parmi ceux-là, vingt deux juniors et un sophomore sont attendus dans le Top 100 : JaMarcus Russell (QB, LSU), Calvin Johnson (WR, Georgia Tech), Adrian Peterson (RB, Oklahoma), Alan Branch (DT, Michigan), Jamaal Anderson (DE, Arkansas), Dwayne Jarrett (WR, USC), Ted Ginn Jr. (WR, Ohio State), Reggie Nelson (S, Florida), Marshawn Lynch (RB, California), Darrelle Revis (CB, Pittsburgh), Lawrence Timmons (OLB, Florida State), Sidney Rice (WR, South Carolina, Soph.), Jarvis Moss (DE, Florida), Robert Meachem (WR, Tennessee), Charles Johnson (DE, Georgia), Zach Miller (TE, Arizona State), Anthony Gonzalez (WR, Ohio State), Greg Olsen (TE, Miami), Chris Houston (CB, Arkansas), Jon Beason (OLB, Miami), Jonathan Abbate (ILB, Wake Forest), Brandon Jackson (RB, Nebraska) et Eric Wright (CB, UNLV).
Marshawn Lynch (RB, California) a annoncé au début du mois de janvier qu’il renonçait à son année de senior à UCB pour s’inscrire à la draft NFL. Avec 1684 yards et 15 TD en 13 matches, la star d’East Bay est un 1er tour assuré. Avec bien entendu tous les billets verts qui accompagnent une sélection dans le Top 20. Quelques jours plus tard, on apprend qu’une ex-petite amie l’assigne au tribunal pour une soi-disant agression sexuelle survenue le 13 décembre 2006 à Oakland, non loin du domicile de la mère de Lynch (où habite toujours Marshawn). La cour ne donnera finalement pas suite à la plainte déposée six jours plus tard. Preuves insuffisantes. Doute raisonnable en faveur de l’accusé. Preuves ? Doute ? D’un coté, une jeune femme dont les accusations ne tiennent pas la route, dont le discours se contredit dans des incohérences invraisemblables. De l’autre, la star de l’équipe de foot locale, étudiant en assistance sociale, reconnu par ses amis/fans/coéquipiers/professeurs comme un garçon d’une gentillesse extrême, un bon fils très lié à sa famille et à sa mère avec qui il vit toujours et pour lesquels, après chaque TD marqué, il pointe ses doigts croisés vers les tribunes pour leur rappeler à quel point il se sent lié à eux. Vénalité de l’une ou abus de célébrité de l’autre ? Faites vos jeux. Pour CFC, c’est tout vu. Marshwan Lynch forever…
Le RB des Wisconsin Badgers P.J. Hill a subi fin janvier une intervention chirurgicale à l’épaule. Le meilleur freshman de l’année dans la conférence Big Ten manquera l’entraînement des mois de mars et avril et participera de façon limitée aux séances foncières de l’été. Il devrait en revanche être à 100% pour le camp d’entraînement du début de l’automne.
L’ex-running back star de l’université de Southern California Reggie Bush fait l’objet d’une enquête pour violations des règles et status de la NCAA, après avoir apparemment reçu argent et cadeaux alors qu’il était joueur à USC. Ces pratiques sont formellement interdites par les instances de la NCAA. Tout contrevenant est déclaré inéligible. USC pourrait pâtir d’une éventuelle conviction du « President » et son titre obtenu en 2004 être remis en cause. Reggie Bush pourrait également perdre son Heisman Trophy remporté en 2005. L’intéressé dément toute violation. Les instances de la NCAA, quant à elles, se refusent pour l’instant à tout commentaire.
Bobby Petrino, le coach de Louisville, a décidé de répondre favorablement à l’offre des Atlanta Falcons et quitte donc ses fonctions dans le Kentucky pour la Géorgie. Arrivé à Louisville en 2003, Petrino (41-9 en 4 ans) avait signé en juillet 2006 une extension de contrat de 25.5 millions de dollars sur 10 ans. Sa rupture de contrat s’accompagne d’une amende d’un million de dollars, une goutte d’eau par rapport aux 24 millions sur 5 ans proposés par Atlanta pour prendre la direction du coaching des Falcons. Il est remplacé à la tête des Cardinals par Steve Kragthorpe, le head coach des Tulsa Golden Hurricanes.
Le DT des Louisville Cardinals Amobi Okoye espère être choisi dans le Top 5 de la draft NFL fin avril. Le cas échéant, il ne pourra toutefois pas fêter l’événement au bar local avec ses amis. Agé de seulement 19 ans, le joueur d’origine nigériane est entré au lycée à 12 ans, lorsque sa famille a émigré aux États-Unis, et a débuté ses études universitaires à 16 ans. Projeté au premier tour de la draft, voire même dans le Top 10, il pourrait rejoindre les Atlanta Falcons de son ancien coach universitaire Bobby Petrino (les Falcons possèdent le dixième choix de la draft).
C’est le 7 février que débute officiellement les signatures des recrues universitaires venues de High School. Les universités pistent leurs futures recrues depuis plusieurs mois (voire années). Un classement des joueurs de lycée permet d’évaluer la valeur des promotions attendues. A ce petit jeu, c’est Florida qui mène la course devant Tennessee et Texas. Plus sur le recrutement dans le prochain CFC.


... zoom .... zoom .... zoom .... zoom .... (par Blaise Collin)
BCS National Championship Game : une déroute à Glendale.
Florida 41 – Ohio State 14

Alors que les experts s’accordaient à dire qu’il faudrait un grand Florida pour accrocher le champion de la Big Ten, et pas loin d’un miracle pour qu’Ohio State reparte dans le Midwest sans le trophée suprême, c’est l’électrochoc à Glendale ! La défense des Gators démolit l’attaque des Buckeyes tandis que son attaque empile plus de 40 points à une défense considérée jusqu’alors comme l’une des meilleures du pays. Avec 82 yards de production offensive totale et un médiocre 4/14, 35 yds, 1 INT et 5 Sack pour l’Heisman Troy Smith, l’armada offensive des Buckeyes est restée muette, bien étouffée par une défense des Gators que l’on n’avait pas vu à pareille fête lors d’aucun de ses douze premiers matches de la saison. Après un début de rencontre en trombe (retour de kick-off du WR Ted Ginn Jr. après 16 secondes de jeu pour un TD), Ohio State n’a plus été en mesure d’imposer sa pression sur la défense de Florida. La blessure de Ted Ginn (suite à la célébration de son TD) n’a bien évidemment pas aidé le jeu de passes des champions de la Big Ten. Avec 2 réceptions pour 11 yards, Tony Gonzalez (WR) est bien en-deçà de ses performances de la saison régulière (49 rec, 723 yds, 8 TD en 12 matches). Les 62 rushing yards du RB Antonio Pittman (1 TD) sont également inférieurs à sa moyenne en saison (98 yds/match) et constituent pourtant la grande majorité de l’apport au sol des Buckeyes (47 yards au total dont -29 pour Troy Smith !).

Pendant ce temps, le QB de Florida Chris Leak réalise une très solide performance à la tête de ses troupes (25/36, 213 yds, 1 TD) et fait taire par là même les nombreuses critiques dont il a fait l’objet durant toute la saison sur sa soi-disant incapacité à gagner les matches de gros calibre. En trouvant son WR Dallas Baker pour un TD en début de premier quart-temps, Chris Leak a ramené son équipe dans la course (7-7) avant que le jeu de course des Gators ne prenne le relais dans la red zone grâce à 3 TD de DeShawn Wynn (RB), Percy Harvin (WR) et Tim Tebow (QB). Le backup de Chris Leak s’offre également un passing TD, en connectant avec Andre Caldwell (WR) en toute fin de deuxième quart-temps.

Les Gators l’emportent grâce à un jeu rapide, des gains courts mais efficaces et constants tout au long de leur énorme temps de possession (40:48 minutes contre 19:12 à Ohio State). Si Florida a pu s’appuyer sur une très bonne défense pour emporter ce match, c’est avant tout grâce à une partition offensive brillamment orchestrée par un parfait Chris Leak, décisif aussi bien dans les choix de jeu que dans leur exécution, que Florida a atteint le nirvana. Au final, malgré sa lourde défaite, Ohio State vaut bien plus que la pâle prestation offerte dans l’Arizona. Blessés dans leur orgueil, les scarlet-and-gray de Columbus seront sans aucun doute affamés de revanche en septembre… Du coté de Gainesville, le titre du football rejoint dans l’armoire à trophées des Gators celui glané en avril 2006 au Final Four. Florida devient ainsi la première université à remporter les deux titres majeurs la même année (les BCS bowls 2007 comptant pour la saison 2006).

Sugar Bowl : Notre Dame perd encore.
LSU 41 – Notre Dame 14

Pour la neuvième année consécutive, les Fighting Irish perdent leur Bowl. Après la fessée du Fiesta Bowl reçue l’an passé par Ohio State (20-34), les protégés de Charlie Weis subissent une seconde correction en deux participations consécutives aux BCS bowls. Cette fois, le bourreau se nomme LSU. Drivé en attaque par un bon JaMarcus Russel (passing : 21/34, 332 yds, 2 TD, 1 INT / rushing : 16 yds, 1 TD), les Tigers n’ont laissé aucune chance aux Irish et gagnent leur 3ème Sugar Bowl en six ans (après 2002 et 2004). Au total 577 yards pour Louisiana State (332 passing + 245 rushing) soit près de deux fois le total de ND de 291 yards (148 passing + 143 rushing). Une attaque de LSU bien équilibrée entre jeu au sol et jeu dans les airs mais également bien répartie entre ses différentes armes offensives : quatre receveurs à plus de 50 yards, deux coureurs à plus de 70. Avec 107 yards et 2 TD, le freshman RB Keiland Williams a fait forte impression, confirmant tous les espoirs placés en lui.

Devant cette puissante déferlante offensive, la défense de Notre Dame n’a pas tenu le choc. Malgré un retour au score en fin de deuxième quart-temps (14-14) sur 2 TD des WR David Grimes et Jeff Samardzija lancés par Brady Quinn, le QB des Fighting Irish n’a pas réussi à faire ronronner son escouade offensive (15/35, 148 yds, 2 TD, 2 INT). Les WR stars Jeff Samardzija et Rhema McKnight combinent un total de 81 yards, bien loin de leur rendement habituel (154 yards). L’apport du RB Darius Walker (158 yards au total) n’a pas été suffisant pour s’approcher de la end zone. Après un troisième TD des Tigers sur une course de JaMarcus Russell en fin de première mi-temps, les Irish n’ont plus jamais été en position de marquer et ont assisté dès lors à un cavalier seul de LSU (20 points en seconde mi-temps soit un total de 27 points marqués sans répartie).

Bien que le defensive front seven de Louisiana State n’ait pas abusé outre mesure de blitz sur Brady Quinn, la seconde période s’est déroulée sans la profusion attendue de balles longues vers Samardzija et McKnight. Coté course, au bout des vingt premières minutes de jeu l’essentiel des yards de Darius Walker était déjà au tableau d’affichage. Autant dire qu’avec un Brady Quinn hors sujet et un secondary aux abonnés absents, Notre Dame s’est effondré en seconde période. Et si certains choix offensifs de LSU avaient été plus judicieux, l’addition aurait pu être bien plus salée. Entre une équipe de Notre Dame largement dominée au Fiesta Bowl l’année passée et un LSU qui pendant ce temps étrillait Miami au Peach Bowl (40-3), pouvait-il en être vraiment autrement ? Une chose est sûre, si Notre Dame n’aura pas de difficultés à compenser la perte des ses atouts offensifs avec le talent de ses recrues, c’est sur le renforcement de la défense qu’il faudra travailler du coté de South Bend. Pour LSU, cette victoire conclut une très belle saison entachée de deux seules défaites, d’un rien à Auburn en début de saison (3-7) et contre le nouveau champion Florida (10-23). Performance qui incite le QB poids lourd des Tigers (1 m 98 pour 118 kilos !) à partir tenter sa chance en NFL.

Orange Bowl : Louisville conclut en beauté une belle saison.
Louisville 24 – Wake Forest 13

Dans un match qui n’a pas déchaîné les passions, Louisville a remporté une belle victoire au Dolphins Stadium de Miami. Les Cardinals avaient un besoin impératif de s’imposer dans ce BCS bowl pour retrouver au niveau national une crédibilité sérieusement émoussée depuis 1991 et leur dernière victoire dans un bowl majeur (Fiesta Bowl, victoire 34-7 sur Alabama). Cette victoire a pourtant été obtenue dans la douleur face à une surprenante équipe de Wake Forest.

Menés 3-10 à la mi-temps, les Demon Deacons ont pris les devants au tableau d’affichage en début de troisième quart temps grâce à leur seul TD de la partie sur une passe du QB Riley Skinner (21/33, 271 yds, 1 TD, 1 INT) à son receveur Nate Morton et un FG de Sam Swank. Wake Forest a longtemps paru pouvoir créer la sensation dans cet Orange Bowl en contenant la force de frappe des Cardinals, deuxième attaque du pays avec 39 points par match. Pendant les trois quarts du match, la défense des Demon Deacons a annihilé l’attaque au sol des Cardinals (14 tackles du LB Jon Abbate) provocant deux inhabituelles pertes de balles. Malheureusement, leur production offensive n’a pas été suffisante pour enterrer les Cards, malgré un secondary de Louisville passablement peu inspiré. Sans compter trois pertes de balles en territoire adverse qui ont définitivement plombé les chances de Wake Forest.

Et le dernier quart temps a finalement été fatal à WF. L’insistance du head coach Bobby Petrino à jouer ses premiers downs au sol, espérant que sa ligne offensive finirait par venir à bout du front seven de WF, a pourtant participé à retarder l’échéance. Changeant de tactique, Louisville a alors remis son destin dans les mains de son QB Brian Brohm (24/34, 311 yds), lequel ne s’est pas fait pas prier pour compléter ses tentatives en direction de ses talentueux receveurs (165 yards pour le WR Harry Douglas) et amener par deux fois les Cardinals dans les vingt derniers yards des Deacons. Les 2 TD à la course des RB Anthony Allen et Brock Bolen leur ont permis de passer devant au score, puis d’asseoir plus confortablement leur victoire. La très bonne défense de Louisville a fait le reste.

Sans être déméritant, Wake Forest s’incline donc dans cet Orange Bowl face à une meilleure équipe de Louisville. Malgré tout, 11 victoires en saison régulière et une participation à un BCS Bowl (7ème bowl seulement en 105 ans !) établissent un bilan plus que satisfaisant. Pour Louisville, après s’être ré-affirmé comme une super-puissance du College Football, malgré l’absence toute la saison de son RB vedette Michael Bush (blessure dès le premier match contre Kentucky), il n’y a qu’un objectif en 2007 : le titre national !

Fiesta Bowl : un match pour l’Histoire !
Boise State 43 – Oklahoma 42 OT

Il ne faudra pas retenir de ce Fiesta Bowl l’énorme embarras provoqué dans l’Oklahoma par l’étourdissante victoire des Broncos. C’est sûr, les fans des Sooners risquent d’entendre parler longtemps de ce match et les moqueries ne manqueront pas de fuser à leur égard. Mais l’essentiel n’est pas là. Ce match a concentré pendant plus de quatre heures tout ce qui contribue à un match d’anthologie : suspense, retournements de situation, trick plays, émotion, avalanche de points, épilogue dramatique en prolongation, demande en mariage… Peu de matches de College Football ont laissé une si forte empreinte dans la mémoire des spectateurs depuis sa naissance en 1869.

Les amateurs de College Football attendaient deux choses de ce match : d’une part le retour à la compétition d’Adrian Peterson, l’époustouflant RB d’Oklahoma, blessé à la clavicule gauche lors du sixième match contre Iowa State après un début de saison tonitruant et des statistiques de très sérieux prétendant au Heisman Trophy (935 rushing yards, 127 receiving yards soit un total de 177 yards/game, complétés par 11 TD) ; d’autre part la réponse à la question : Boise State, 12-0 et 8ème au classement BCS, peut-il tenir la dragée haute à un super-programme d’une conférence majeure ?

La réponse ne se fit attendre que quelques minutes, juste le temps pour les Broncos de prendre une avance de 14 points dans le premier quart-temps en scorant 2 TD. Tout d’abord sur une passe de 49 yards du QB Jared Zabransky (19/29, 262 yds, 3 TD, 1 INT, 3 Sack) pour son WR Drisan James (96 yds, 2 TD). Ensuite sur un TD à la course du RB Ian Johnson consécutif à un sack de Mike T. Williams (DE, Boise State) sur le QB d’Oklahoma Paul Thompson. Les Sooners semblaient totalement étouffés par la défense des Broncos en ce début de match mais Paul Thomson (19/32, 233 yds, 2 TD, 3 INT, 2 Sack) parvint à ramener son équipe à 7 points sur une passe pour le WR Manuel Johnson en fin de premier quart-temps. L’avance de Boise State se réduisit même à 4 points en début de second quart-temps, après un FG de Garrett Hartley.

Alors que l’on pensait Oklahoma enfin rentré dans son match et parti pour prendre le contrôle de la partie, Jared Zabransky et Drisan James remirent le couvert avant la pause, pour donner aux Broncos une avance confortable (21-10). Le calvaire des Sooners continua au milieu du troisième quart-temps lorsque Paul Thompson se fit intercepté par le DB Marty Tadman pour un pick-six. A 28-10, la messe semblait dite. Avec un peu plus de cinq minutes à jouer dans ce troisième quart-temps et un déficit de 18 points, le coaching staff d’Oklahoma donna un premier signe d’abdication en choisissant de punter sur un quatrième down. Miraculeusement pour les Sooners, le punt heurta la jambe d’un bloqueur de Boise State et la balle libre fut récupérée par les champions de la Big XII dans la red zone des Broncos. Adrian Peterson (77 yds, 2 TD) profita de l’occasion pour marquer son premier TD de la partie et ramener Oklahoma à 11 points. Un FG des Sooners en début de dernier quart-temps mit ensuite Boise State à portée d’égalisation.

Avec 2:40 à jouer, Oklahoma se retrouva en possession de la balle sur ses 23 yards. 1:14 et 77 yards plus tard, un Paul Thompson redevenu lui-même trouva le WR Quentin Chaney dans la end zone. De 18 points, l’avance des Broncos passa du même coup à 2. Bob Stoops, le head coach des Sooners, choisit alors de tenter la conversion à 2 points. Après une première tentative ratée sur laquelle les arbitres signalèrent une interférence de passe du secondary des Broncos et une deuxième tentative réussie mais annulée pour un déplacement illégal sur la ligne de scrimmage, Oklahoma parvint finalement à convertir sa tentative à sur une réception du WR Juaquin Iglesias.

Après l’égalisation des Sooners, les Broncos repartirent en attaque et l’incroyable drame arriva : le jusqu’alors impeccable Jared Zabransky manqua son receveur sur sa première passe du drive et le DB Marcus Walker l’intercepta pour un TD. Les Sooners prirent l’avantage 35-28 et les rêves de tout l’Idaho s’écroulèrent en une fraction de seconde. L’impossible renversement de situation prenait forme et le petit David semblait cette fois plier devant le géant Goliath. Avec 0:54 restant au chronomètre et à 80 yards de l’en-but adverse, les Broncos jetèrent leurs dernières forces et leurs derniers tricks dans la bataille. Depuis la ligne médiane, sur une quatrième tentative et 35 yards à franchir, Jared Zabransky trouva sa cible favorite Drisan James qui transmit instantanément à Jerard Rabb, lui ouvrant la voie vers la end zone. L’incroyable venait de se produire avec l’égalisation de Boise State qui envoya le match en prolongations.

Les Sooners frappèrent les premiers, avec un TD de 25 yards d’Adrian Peterson. Les Broncos répliquèrent avec un nouveau trick play sorti du chapeau de leur coach Chris Petersen : Jared Zabrasnky lança à son WR Vinny Perretta derrière la ligne de scrimmage et ce dernier connecta avec le TE Derek Schouman dans la end zone. Menés d’un point, Chris Petersen choisit alors de tenter le tout pour le tout avec une conversion à 2 points. Jared Zabransky, décidément au sommet de son art, effectua avec maestria un jeu connu sous le nom de « Statue de la Liberté », feintant la passe et glissant la balle à Ian Johnson, lequel prit la défense des Sooners à revers pour s’en aller marquer dans la end zone.

Au bout d’un suspense haletant, après d’innombrables trick plays et autant de chocs émotionnels, dans un stade devenu électrique, devant des spectateurs et téléspectateurs n’en croyant pas leurs yeux, les petits gars de l’Idaho venaient de réaliser l’impensable : remporter un BCS bowl devant la super-puissance des Oklahoma Sooners dans un match à graver dans les annales du College Football. Une fois retombée l’euphorie d’après match, il reste à tout les amoureux du College Football ce délicieux sentiment de joie partagée avec tous les fans de Boise State qui ont sans cesse cru en les leurs et ont réussi, de façon remarquable et amplement méritée, à décrocher leur étoile…

Rose Bowl : USC maître à la maison.
USC 32 – Michigan 18

Michigan méritait-il une revanche contre Ohio State après sa courte défaite (39-42) au Horseshoe lors de « The Game » (le petit nom des légendaires confrontations entre Ohio State et Michigan) de fin novembre, dans une bataille épique en forme d’apothéose du championnat de la Big Ten ? S’il fallait une réponse claire aux partisans d’un re-match, l’écrasante victoire (pas tant par le score que par la manière) des Trojans sur les Wolverines l’apporte de façon cinglante. Auteur d’une saison en tout point remarquable après une saison 2005 en demi-teinte, marquée par une démonstration à South Bend dans l’antre des Fighting Irish de Notre Dame (victoire 47-21), Michigan n’a pas pesé bien lourd dans cette 93ème édition du « Granddaddy of Them All » face à USC qui y remporte son 22ème Rose Bowl en 31 apparitions.

Le duel tant attendu entre les WR d’USC (Dwayne Jarrett et Steve Smith en tête) et le secondary de Michigan (emmené par l’All-American CB Leon Hall) n’a finalement pas eu lieu tant les receveurs californiens ont assommé la rencontre : 205 yards et 2 TD pour Dwayne Jarret, 108 yards et 1 TD pour Steve Smith.

Après une première mi-temps peu prolifique (mi-temps 3-3), marquée par cinq sacks du QB de Michigan Chad Henne et six punts combinés pour les Wolverines et les Trojans, USC a pris une confortable avance dans le troisième quart-temps pour ne plus être rejoint. Abandonnant un jeu de course quelque peu défaillant (48 yards au total), les Trojans choisirent de pilonner le secondary des Wolverines, lequel se montra inhabituellement totalement dépassé par les évènements. Les receveurs Chris McFoy et Dwayne Jarrett en profitèrent pour conclure par des TD deux drives limpides menés par leur QB John David Booty (27/45, 391 yds, 4 TD, 1 Sack). Un FG donna même un peu plus d’ampleur à l’avance de USC à l’entame du dernier quart-temps (19-3).

La réaction de Michigan, sur un TD de Chad Henne (26/41, 309 yds, 2TD, 1 INT, 6 Sack) pour son receveur Adrian Harrington, s’avéra trop timide et c’est USC qui continua son festival par 2 nouveaux TD de John David Booty pour Dwayne Jarret et Steve Smith. Le dernier TD des Wolverines (Chad Henne pour le WR Steve Breaston) n’est qu’anecdotique, tant la domination des Trojans fut totale sur ce match. La défense de Michigan, encensée durant la saison régulière et qui avait déjà été mise à mal par Ohio State, n’a pas fait le poids face à la puissance offensive de USC. L’attaque des Wolverines a été rendue muette par une excellente défense des Trojans, comme en témoigne les maigres 47 yards amassés par le RB vedette Mike Hart. De l’avis du coach de Michigan Lloyd Carr, la défense de USC est la meilleure qu’a rencontrée en 2006 son équipe, pourtant habituée aux rugueuses défenses de la Big Ten.

USC a sorti une performance digne de son statut, montrant ainsi son vrai visage terni un mois auparavant par la défaite surprise à UCLA. Michigan, auteur néanmoins d’une très bonne saison, a perdu son 3ème bowl consécutif et démontré qu’il avait peut-être été surestimé en début de saison. La déception de ne pas participer au Championship Game suite à sa courte défaite chez son rival de Columbus a peut-être moralement pesé dans ce Rose Bowl. Mais la prestation de haute tenue des joueurs de LA est sans aucun doute la cause majeure de la lourde défaite des bleus-et-ma?s d’Ann Arbor.

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