Le deuxième quart
temps sera à l’image du premier. A ceci prêt
que le QB cannois se fait plus souvent intercepter. Qu’à
cela ne tienne, l’équipe cannoise change de stratégie
et décide de construire drive par drive pour se présenter
devant la end-zone et inscrire un TD, tout en puissance. A
ce moment du match, on ne se fait plus d’illusion sur
les chances clermontoises tellement les Irons sont forts dans
tous les compartiments du jeu. Heureusement pour Clermont,
un miracle se produit en tout fin de mi-temps, lorsqu’un
plaquage mal effectué par un dernier défenseur
cannois ouvre un couloir énorme à un coureur
des Servals qui s’empresse pour s’y engouffrer
et inscrire un TD de l’espoir.
C’est un tout autre visage que nous
offre cette équipe cannoise, en seconde mi-temps. Complexe
de supériorité, fatigue, panique, … difficile
à expliquer ! Reste qu’ils vont donner l’impression
d’être dépassés par les évènements.
Et pourtant, les Servals ne vont pas sortir la tactique des
grands soirs. Ils vont juste se montrer plus conservateurs,
plus puissants en misant beaucoup plus sur leur maître
à jouer Thomas Chakarian, épaulé par
Amine Mennadi sans nul doute les deux héros de ce match
ou plus exactement de cette seconde mi-temps. Ils vont nous
gratifier d’un festival de courses dévastatrices
au centre du terrain. Tentatives après tentatives,
les Servals vont user les défenseurs adverses qui n’arrivent
plus à stopper le rouleau compresseur. Le TD arrive
donc fort logiquement, même s’il faut s’y
reprendre à deux fois, à cause d’une décision
arbitrale équivoque. C’est à ce moment
du match que les choses vont se compliquer pour Cannes. Prise
de panique, l’attaque des Irons va tout miser sur un
jeu de longues passes par l’entremise de son duo QB#8-Receveur#82.
Seulement à force de trop tirer sur la corde, la défense
clermontoise s’ajuste pour ne plus se faire berner.
Total, les interceptions se multiplient et Cannes dilapide
ses tentatives.
Ce sera encore plus vrai dans le
dernier quart temps, où a défense anti-aérienne
de Clermont s’en donne à cœur joie. De son
côté, Chakarian et sa ligne offensive continue
de faire des merveilles à la course. Comme en 3ième
quart temps, le TD des Servals vient sceller logiquement leur
progression au sol. Et quand on a la main, on ne la lâche
pas ! Voilà ce que se disent les Servals qui jouent
le coup de poker en tentant la transformation à deux
points. Chose réussie, les visiteurs mènent
le bal !
A partir de cet instant, chaque tentative, chaque geste va
valoir son pesant de cacahuètes. Même si Cannes
retrouve de l’inspiration en défense, par des
Sacks concluants sur le QB adverse, l’attaque des locaux
manque cruellement d’inspiration et les longues passes
du QB#8 sur son receveur#82 sont maintenant trop "téléphonées"
et n’inquiètent plus la défense des bleus.
Tout se joue aux nerfs dans les 5 dernières minutes
et le suspense est à son maximum. Ce sont les Servals
qui font faire preuve de plus de sang froid à ce jeu
là et réussir l’exploit.
Comme me confiera une responsable
du club : « Les servals : c’est comme un moteur
diesel, il faut du temps pour qu’il se chauffe ! ».
La Ferrari cannoise en a fait la cruelle expérience.
Belette - Mai 2006