C'est
ce qu'ont eu en tête les Montferrandais, en foulant pour
la première fois de toute l'existence du club, la pelouse
du légendaire club aixois. Et pour une première,
on ne pouvait pas rêver mieux ! En effet, les Auvergnats
s'offrent une victoire en bonne et due forme.
Un match qui commence sur
une vision étrange d'une équipe aixoise pourvue
d'à peine 25 joueurs. Du jamais vu, pour une rencontre
à domicile ! Étonnant aussi, cette impression
de fatigue et d'absence de motivation des joueurs, dés
le début du match.
Qu'importe les états
d'âme des locaux, les Servals ont un match à jouer
et ils vont bien le jouer. Après tout, une victoire contre
les Argos c'est un trophée qu'aucune équipe française
ne refuserait.
Sur la première mi-temps,
les deux équipes vont faire jeu égal. D'un côté
comme de l'autre, on joue prudemment. Chacun cherchent à
conserver le ballon et éviter de prendre des risques.
C'est en toute fin de 2ième quart-temps que les choses
bougent un peu. Face à la passivité de ses coéquipiers,
le RB US des Argos, David Freeman, sonne seul la charge et réussit
le big play de la partie par un course de 50 yards pour le TD.

La deuxième mi-temps,
sera celle des visiteurs. Les Argonautes mettront bien un TD
mais il ne sera pas représentatif de l'état d'esprit
qui règne dans ce collectif, à ce moment de la
partie. Ajustements ratés, démotivation, démobilisation
... tout va sembler y passer !
Le jeu viril des auvergnats n'y sera pas étranger. Lentement
mais puissamment, l'attaque va inexorablement faire son oeuvre.
La défense d'Aix ne sait plus comment faire et perd ses
repaires.
Dans la panique, le QB US d'Aix va tenter de prendre les reines
de l'attaque à son compte. Mais son manque d'assurance
à ce poste va faire revivre le même cauchemar vécu
face aux Flash. On ne peut pourtant pas le blâmer d'avoir
essayé de sortir son équipe de la défaite,
tellement elle semblait amorphe et apathique.
Belette - Avril 2007
| suite
et fin. |
| Avril
2007 |
|
Par
B. Rolland |
Quand on aime une équipe
et qu’on la supporte depuis plusieurs saisons, c’est
un peu comme un livre de chevet que l’on relit année
après année. On sait à quoi s’attendre,
le dénouement est connu et tout le monde ne partage pas
notre avis mais que voulez-vous, ce livre-là il nous
plaît ! Seulement voilà, un moment vient où
il faut bien passer à autre chose, accepter un renouveau
pour ne pas s’enliser dans le jaunissement des pages.
Dans ces cas-là, souvent, on peine à retrouver
l’engouement que l’on avait eu pour ce vieux bouquin-là,
celui qui traînait sur la table de chevet depuis notre
adolescence.
C’est un peu ce qui
se passe actuellement avec les supporters Argonautes. En effet,
les aixois ne font plus rêver, et l’on serait même
tenté de dire qu’ils vivent une saison cauchemar.
Avec 2 victoires pour 5 défaites (dont 3 à domicile
et un cinglant 00-42 contre le Flash), les Argos connaissent
une descente aux enfers dont ils mettront du temps à
revenir. Mais à l’instar de certains joueurs Argos,
qui aujourd’hui ont semblé résignés
dans leur défaite face aux Servals, ne faut-il pas admettre
qu’après tout, la vie est ainsi faite ?
Toutefois si les Argonautes
d’Aix-en-Provence sont au cœur du cyclone, il ne
faut pas oublier que ce club reste un des plus prestigieux dans
l’histoire du foot us français. Les Argos ont en
effet établi un record de qualifications successives
pour une finale de 1ère division, qu’il sera extrêmement
difficile de battre. Ils ont été là pour
s’opposer aux Castors, puis aux Castors-Sphinx et enfin
au Flash et ce, des années durant, sans que leur suprématie
dans le sud ne puisse être contestée.
La pérennité des aixois s’explique par diverses
raisons, dont une excellente politique de formation des jeunes,
des transferts judicieux en seniors venus compléter les
joueurs du cru, et un financement digne de l’Elite.
Malgré cela, la vie étant ce qu’elle est,
personne n’est à l’abris du mal. Ce mal dont
je parle balaye la confiance et l’orgueil, induit de mauvais
choix et chasse la réussite. C’est un mal qu’il
serait néanmoins stupide de prendre comme conclusion.
Les Argonautes souffrent cette saison comme jamais ils n’ont
souffert, et alors ? Se résigner, quelques fois, ne signifie
pas abdiquer. Admettre l’évidence et reconnaître
qu’Aix-en-Provence entame un nouveau cycle, qui nécessitera
du temps et du travail avant de porter ses fruits, n’est
en rien déshonorant.
Sur l’autre rive, les
Servals de Clermont-Ferrand ont fait ce qu’ils savent
faire le mieux : patienter et frapper au moment opportun, avec
de l’abnégation et du coeur. Largement battus au
match aller par les aixois, les clermontois jouaient aujourd’hui
leur survie dans la course aux playoffs. Leur chance d’accéder
à la demie finale, les promus sont allés la chercher
au 4eme QT. Un quart temps disputé dans la partie de
terrain Argos et que les Servals vont mener du tout au tout.
A environ 10 minutes de la fin du match, les visiteurs enfoncent
au sol et prennent les devants par l’entremise de leur
running back canadien, qui déborde sur sa gauche. La
transformation au pied est réussie : 13-17
Sur le drive qui suit, le
receveur des Servals, Olivier Desvilles (#86), nous sort un
catch dont il a le secret. Ce receveur, qui pêche peut-être
par un manque relatif de vitesse, possède sans aucun
doute une des meilleures paires de mains de l’hexagone.
Sur une balle lobée lancée extérieur, le
voilà contraint de se retourner en pleine course, plonger
et réussir un catch en aveugle ! Le banc Servals exulte,
car cette action de haut rang place l’offensive dans les
15 yards Argonautes. Une fois de plus le coureur canadien perce
la défense locale, et une transformation au pied plus
tard, les Servals mènent 13-24.
Ce sera le score final car
sur sa dernière possession, Clermont perdra la balle
sur une option mal exécutée.
Dans ce dernier QT et malgré tout le talent de leur porteur
de balle américain (doublé d’un bon receveur),
les Argos auront piétiné et même tenté
d’obtenir un 4eme down dans leurs 30 yards. Le QB Argos
trouva alors un receveur plein centre démarqué
pour le 1er down, mais celui-ci rata un catch qu’il aurait
sans doute réussi 9 fois sur 10. Tout un symbole. Aix
n’y était plus. Un ultime coup d’éclat
du run des Argos (un joueur qui aurait beaucoup plus brillé
dans d’autres conditions et qui, malgré la débâcle
aixoise, parvient à tirer son épingle du jeu)
ne changera rien à l’affaire. Les Argonautes encaissent
leur cinquième défaite.
Cette victoire remet les
Servals en course pour les playoffs avec une fiche de 2-5. Encore
trois matches à disputer pour réussir un coup
d’éclat. La mission est évidemment ardue,
mais un livre étant refermé, d’autres belles
histoires restent à écrire…
Bruno Rolland - Avril 2007
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