Que
faut-il pour former un bon Quarterback ?
Il faut un bon travail de détection, Larry Legaut a d'ailleurs
fait un gros travail dans ce secteur. Ensuite, il faut du temps
car ce poste demande de l'expérience et du temps de jeux.
Or, les clubs ont préféré mettre le destin
de leur équipe de D1 entre les mains de meneurs Nord Américains.
Par exemple, quand je suis arrivé au Flash, j'ai évolué
receveur. Toutefois, un club comme le mien à pour objectif
de faire changer les choses.
Comment,
allez-vous faire ?
Depuis quelques années déjà, nous travaillons
dans ce sens. De plus, dans notre esprit il est clair que notre
lanceur américain Braxton Shaver est aussi là pour
aider à la formation des jeunes tricolores, il leur apporte
son énorme expérience. Dans ce domaine, il faut
de la patience mais un jour nos efforts payerons et il y aura
de bon QB français.
On
va revenir sur un mauvais souvenir le coupe de monde de 2003.
Le niveau de vos adversaires était-il vraiment supérieur
?
Le Japon était vraiment un cran au-dessus. Ils avaient
une culture footaballistique bien meilleure que la notre. Ils
allaient plus vite et frappaient plus fort que tous les adversaires
que j'avais affronté. Les Allemands m'ont moins impressionné.
En attaque, l'absence de Marco Angelo Soumah (Sous contrat avec
les Cleveland Browns, il n'a pas pu participer à la compétition),
nous a handicapé. Le manque de gabarit de notre ligne offensive
a aussi pesé lourd. C'est dommage car notre défense
a fait deux bons matchs.
Après
cette compétition vous décidez de prendre du recul
avoir avec le terrain...
Cela me permet de me consacrer d'avantage à coacher les
sections jeunes du club (head coach cadet).
Toutefois,
en juin 2004, une surprise vous attend...
Oui, Bruno Lacam-Carron (à l'époque patron de l'équipe
A du Flash, aujourd'hui manager général du club)
m'invite au restaurant et de demande reprendre l'équipe.
Franchement, j'ai failli tombé de ma chaise. Je lui ai
demandé un temps réflexion, puis je me suis lancé.
La
saison 2004 avait été longue pour l'équipe...
Bruno et Thierry Constant (le coordinateur défensif à
l'époque) avaient de plus en plus du mal à faire
passer leur message. L'usure du temps était passer par
là... Leurs compétences n'étaient pas en
cause, leurs titres sont là pour rappeler tout ce qu'ils
ont apporter au club. On était à la fin d'un cycle.
Peut-être que dans 3-4 ans je me retrouverais dans la même
situation...
Pourquoi
avez-vous accepté ce défi ?
J'ai toujours voulu coaché, dès que je suis passé
senior, j'ai encadré les juniors et puis j'étais
confiant.
Pour
quelles raisons...
D'abord, les Spartiates d'Amiens de 2004 étaient vraiment
un très grande équipe. Même une équipe
du Flash à 100% de ses possibilités aurait eu du
mal à l'inquiéter. Ensuite, je savais que certains
joueurs de NFL Europe allaient revenir. Ils sont un gros plus
sur le terrain mais aussi dans les vestiaires, ils tirent l'équipe
vers le haut. Enfin, j'avais le respect d'un groupe que j'ai quitté
un an auparavant.
Concrètement
qu'avez-vous apporté ?
De la nouveauté, les joueurs sont beaucoup plus réceptifs
quand ils doivent travailler sur un nouveau schéma. Par
exemple, notre coordinateur défensif a mis en place une
stratégie basée sur la vitesse avec d'avantage de
Defensive Backs. Cela a beaucoup plu aux joueurs. On a beaucoup
travaillé sur le tempo, le rythme, sur l'enthousiasme.
Pour moi, le qualitatif prime sur quantitatif. Dans la gestion
du groupe, on a mis en avant la discussion en interne. La communication
est permanente entre les joueurs et staff. Ce qui nous empêche
pas de pousser des gueulantes pour pousser les joueurs.
Quelle
est votre philosophie tactique ?
Rien de très nouveau, je pense qu'un match de foot se gagne
dans les tranchées. Après, l'équipe doit
être disciplinée. On n'a fait de gros progrès
dans ce domaine l'an dernier et j'en suis très fier. En
attaque, j'essaie de développer une attaque équilibrée
60% de courses et 40% de passe. Cela nous permet de contrôler
l'horloge et nos joueurs conviennent parfaitement à cette
option. Malgré notre proportion à courir, il ne
faut pas oublier que nous avons marqué plus de 30 Tds à
la passe l'an dernier.
Comment
sont répartis, les rôles de votre staff...
Nous somme que trois. Moi je m'occupe de la ligne offensive, Jean-Marc
Ponzou des Runnings et des Receveurs et Braxton Shaver nous donne
un coup de main pour les Qbs. En match, j'appelle tous les jeux
de l'attaque. Pour la défense, Jean Philippe Dinglor décide
des stratégies mais nous sommes en contact tout au long
de la semaine, nous échangeons sans arrêt nos points
de vue.
Le
recrutement est un autre aspect de votre travail. A ce propos,
comment avez-vous choisi vos américains ?
Dès ma prise de fonction, j'ai mis tout mon poids pour
conserver B. Shaver. Cette décision ne faisait pas l'unanimité
au club. Braxton sortait d'une saison difficile mais toute l'équipe
avait pêché. Il n'était pas le seul responsable.
Comme notre ligne offensive avait eu des difficultés, je
me suis mis en quête d'un homme de ligne. Il existe des
sites Internet spécialisés où nous pouvons
rentré en contact avec des joueurs intéressés
par une aventure européenne. J'ai d'abord correspondu avec
Clyde Stearns, puis je l'ai rencontré lors d'un stage que
j'ai effectué à l'unversité d'Abilene (Texas).
Le courant est passé et je l'ai enrôlé. Cette
année, le Safety Ryan Guitierrez nous a rejoint. J'étais
pas très emballé pour prendre un joueur de 1ere
division NCAA, car ce qu'ils ont connu à la fac est trop
éloigné de ce que nous pouvons leur proposer. Ils
vivent en général très mal ce changement
de statut. Mais là, un ami Chris Calaycay (aujourd'hui
coordinateur défensif des Vikings de Vienne) que j'ai connu
aux Templiers me l'a vivement recommandé, Il l'avait côtoyé
Ryan à California. Le nouveau venu s'est magnifiquement
bien intégré à l'équipe. Il pourrait
être là pour plusieurs années.
Vous
supervisez également vos adversaires, quels sont les points
que vous regardez avec le plus d'attention ?
Bien entendu, nous regardons les stratégies (4-3 ou 3-4
en défense etc). Les vidéos nous permettent de voir
également les talents individuels de nos adversaires. Nous
essayons également de dégager des tendances par
rapport à des situations bien précises. Par exemple,
l'équipe a tendance à courir sur une 1ere tentative
ou bien à lance sur tel receveur sur 3ème et long.
Pour
finir, comment appréhendez-vous cette saison 2006 ?
Pour nous, le plus dur commence, c'est la saison de la confirmation.
Il faut savoir que le Flash n'a jamais réussi à
conserver son titre. Les équipes que nous rencontrons sont
plus déterminées que jamais. Elles veulent faire
tomber le champion. Il faudra aussi savoir bien gérer le
groupe. Cette année, nous disputons l'Eurobowl (La ligue
des Champions du Football américain). Or, en championnat
notre poule comprend les Argonautes et les Black Panthers deux
équipes de qualité. Si, nous arrivons à battre
les Black sur leur terrains, le 19 mars nous aurons fait un grand
pas vers les playoffs. Outre, les résultats, nous voulons
également préparer la relève car un certain
nombre de cadres pourraient mettre un terme à leur carrière
en fin de saison.
Interview
réalisée par Alain Fresquet - Février 2006
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