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Elite (interview)

Vincent Lelard (Coach du flash)

Pour sa 1ère année à la tête du club franciliens, Vincent Lelard a fait un carton plein avec 12 victoires et un titre remporté avec brio.

Pouvez- vous présenter ?
Vincent Lelard, 29 ans, head coach des Flashs de La Courneuve, champions de France 2005.

Quel a été votre parcours ?
Comme beaucoup de personne de ma génération, j'ai découvert le football américain en 1986, lorsque la 5ème chaine de l'époque a retransmis une saison de NFL. Néanmoins, j'ai du un peu patienter pour commencer. Je me suis inscrits en junior au club de Montigny-le-Bretonneux (les Cormorans), qui est devenu plus tard, les Templiers d'Elancourt.

Avez-vous toujours joué Quarterback ?
Dès le début, j'ai occupé ce poste mes premiers coachs trouvaient que j'avais un assez bon bras pour quelqu'un qui n'avait jamais pratiqué le football américain. Toutefois, en senior j'ai aussi évolué comme receveur et même en défense.

Larry Legaut (le coach de l'équipe de France) dit que ce poste est plus difficile à appréhender que les autres qu'en pensez-vous ?
Je suis d'accord. C'est un poste à forte responsabilité, le QB touche la ballon sur chaque action. Si l'équipe gagne, il est la star. En cas défaite, il essuie le maximum de reproches. Il faut donc avoir les épaules solides. Mais au de-là de ses qualités physiques, le Quarterback doit être un meneur d'homme. Ce n'est pas celui qui aura le bras le plus puissant qui ira le plus loin (Tom Brady la prouvé en NFL).

 


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Que faut-il pour former un bon Quarterback ?
Il faut un bon travail de détection, Larry Legaut a d'ailleurs fait un gros travail dans ce secteur. Ensuite, il faut du temps car ce poste demande de l'expérience et du temps de jeux. Or, les clubs ont préféré mettre le destin de leur équipe de D1 entre les mains de meneurs Nord Américains. Par exemple, quand je suis arrivé au Flash, j'ai évolué receveur. Toutefois, un club comme le mien à pour objectif de faire changer les choses.

Comment, allez-vous faire ?
Depuis quelques années déjà, nous travaillons dans ce sens. De plus, dans notre esprit il est clair que notre lanceur américain Braxton Shaver est aussi là pour aider à la formation des jeunes tricolores, il leur apporte son énorme expérience. Dans ce domaine, il faut de la patience mais un jour nos efforts payerons et il y aura de bon QB français.

On va revenir sur un mauvais souvenir le coupe de monde de 2003. Le niveau de vos adversaires était-il vraiment supérieur ?
Le Japon était vraiment un cran au-dessus. Ils avaient une culture footaballistique bien meilleure que la notre. Ils allaient plus vite et frappaient plus fort que tous les adversaires que j'avais affronté. Les Allemands m'ont moins impressionné. En attaque, l'absence de Marco Angelo Soumah (Sous contrat avec les Cleveland Browns, il n'a pas pu participer à la compétition), nous a handicapé. Le manque de gabarit de notre ligne offensive a aussi pesé lourd. C'est dommage car notre défense a fait deux bons matchs.

Après cette compétition vous décidez de prendre du recul avoir avec le terrain...
Cela me permet de me consacrer d'avantage à coacher les sections jeunes du club (head coach cadet).

Toutefois, en juin 2004, une surprise vous attend...
Oui, Bruno Lacam-Carron (à l'époque patron de l'équipe A du Flash, aujourd'hui manager général du club) m'invite au restaurant et de demande reprendre l'équipe. Franchement, j'ai failli tombé de ma chaise. Je lui ai demandé un temps réflexion, puis je me suis lancé.

La saison 2004 avait été longue pour l'équipe...
Bruno et Thierry Constant (le coordinateur défensif à l'époque) avaient de plus en plus du mal à faire passer leur message. L'usure du temps était passer par là... Leurs compétences n'étaient pas en cause, leurs titres sont là pour rappeler tout ce qu'ils ont apporter au club. On était à la fin d'un cycle. Peut-être que dans 3-4 ans je me retrouverais dans la même situation...

Pourquoi avez-vous accepté ce défi ?
J'ai toujours voulu coaché, dès que je suis passé senior, j'ai encadré les juniors et puis j'étais confiant.

Pour quelles raisons...
D'abord, les Spartiates d'Amiens de 2004 étaient vraiment un très grande équipe. Même une équipe du Flash à 100% de ses possibilités aurait eu du mal à l'inquiéter. Ensuite, je savais que certains joueurs de NFL Europe allaient revenir. Ils sont un gros plus sur le terrain mais aussi dans les vestiaires, ils tirent l'équipe vers le haut. Enfin, j'avais le respect d'un groupe que j'ai quitté un an auparavant.

Concrètement qu'avez-vous apporté ?
De la nouveauté, les joueurs sont beaucoup plus réceptifs quand ils doivent travailler sur un nouveau schéma. Par exemple, notre coordinateur défensif a mis en place une stratégie basée sur la vitesse avec d'avantage de Defensive Backs. Cela a beaucoup plu aux joueurs. On a beaucoup travaillé sur le tempo, le rythme, sur l'enthousiasme. Pour moi, le qualitatif prime sur quantitatif. Dans la gestion du groupe, on a mis en avant la discussion en interne. La communication est permanente entre les joueurs et staff. Ce qui nous empêche pas de pousser des gueulantes pour pousser les joueurs.

Quelle est votre philosophie tactique ?
Rien de très nouveau, je pense qu'un match de foot se gagne dans les tranchées. Après, l'équipe doit être disciplinée. On n'a fait de gros progrès dans ce domaine l'an dernier et j'en suis très fier. En attaque, j'essaie de développer une attaque équilibrée 60% de courses et 40% de passe. Cela nous permet de contrôler l'horloge et nos joueurs conviennent parfaitement à cette option. Malgré notre proportion à courir, il ne faut pas oublier que nous avons marqué plus de 30 Tds à la passe l'an dernier.

Comment sont répartis, les rôles de votre staff...
Nous somme que trois. Moi je m'occupe de la ligne offensive, Jean-Marc Ponzou des Runnings et des Receveurs et Braxton Shaver nous donne un coup de main pour les Qbs. En match, j'appelle tous les jeux de l'attaque. Pour la défense, Jean Philippe Dinglor décide des stratégies mais nous sommes en contact tout au long de la semaine, nous échangeons sans arrêt nos points de vue.

Le recrutement est un autre aspect de votre travail. A ce propos, comment avez-vous choisi vos américains ?
Dès ma prise de fonction, j'ai mis tout mon poids pour conserver B. Shaver. Cette décision ne faisait pas l'unanimité au club. Braxton sortait d'une saison difficile mais toute l'équipe avait pêché. Il n'était pas le seul responsable. Comme notre ligne offensive avait eu des difficultés, je me suis mis en quête d'un homme de ligne. Il existe des sites Internet spécialisés où nous pouvons rentré en contact avec des joueurs intéressés par une aventure européenne. J'ai d'abord correspondu avec Clyde Stearns, puis je l'ai rencontré lors d'un stage que j'ai effectué à l'unversité d'Abilene (Texas). Le courant est passé et je l'ai enrôlé. Cette année, le Safety Ryan Guitierrez nous a rejoint. J'étais pas très emballé pour prendre un joueur de 1ere division NCAA, car ce qu'ils ont connu à la fac est trop éloigné de ce que nous pouvons leur proposer. Ils vivent en général très mal ce changement de statut. Mais là, un ami Chris Calaycay (aujourd'hui coordinateur défensif des Vikings de Vienne) que j'ai connu aux Templiers me l'a vivement recommandé, Il l'avait côtoyé Ryan à California. Le nouveau venu s'est magnifiquement bien intégré à l'équipe. Il pourrait être là pour plusieurs années.

Vous supervisez également vos adversaires, quels sont les points que vous regardez avec le plus d'attention ?
Bien entendu, nous regardons les stratégies (4-3 ou 3-4 en défense etc). Les vidéos nous permettent de voir également les talents individuels de nos adversaires. Nous essayons également de dégager des tendances par rapport à des situations bien précises. Par exemple, l'équipe a tendance à courir sur une 1ere tentative ou bien à lance sur tel receveur sur 3ème et long.

Pour finir, comment appréhendez-vous cette saison 2006 ?
Pour nous, le plus dur commence, c'est la saison de la confirmation. Il faut savoir que le Flash n'a jamais réussi à conserver son titre. Les équipes que nous rencontrons sont plus déterminées que jamais. Elles veulent faire tomber le champion. Il faudra aussi savoir bien gérer le groupe. Cette année, nous disputons l'Eurobowl (La ligue des Champions du Football américain). Or, en championnat notre poule comprend les Argonautes et les Black Panthers deux équipes de qualité. Si, nous arrivons à battre les Black sur leur terrains, le 19 mars nous aurons fait un grand pas vers les playoffs. Outre, les résultats, nous voulons également préparer la relève car un certain nombre de cadres pourraient mettre un terme à leur carrière en fin de saison.

Interview réalisée par Alain Fresquet - Février 2006


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