Lexique
Comprendre le football américain
Présentation des principes de base du foot US


L'esprit de ce sport :
Si l'on devait définir le football américain, il serait juste de dire que c'est essentiellement un jeu de "gagne terrain".
Même si l'objectif est de marquer des points, ce qui prédomine dans ce sport, c'est le temps et l'energie consacrés à augmenter ou empêcher la progression du ballon. Toutes les règles et les installations sont tournées dans ce seul objectif ; reconnaître et valider cette progression. Chaque progression (ou arrêt de progression) est en quelque sorte une mini victoire, à répéter constamment. C'est d'ailleurs, là dessus qu'est jugée la performance d'une équipe et de chaque joueur, par l'intermédiaire d'une batterie de chiffres et statistiques.
A ce principe, s'ajoute deux fondements propres. D'abord, le fait que les joueurs "non-porteurs" du ballon peuvent protéger et favoriser une progression par des contacts sur les joueurs adverses, "non porteurs" aussi (percussions, blocs). Ensuite, par le nombre illimité de joueurs qui peuvent entrer et sortir pour former l'escouade, sur le terrain.
Pour le reste, ce sport se caractérise par son extrême réglementation, d'où la présence de 5 à 7 arbitres.


Le principe du jeu

L'une des originalités du football américain est qu'il se joue à 11 contre 11, tout en opposant plusieurs escouades. Ce ne sont pas les mêmes joueurs qui attaquent et qui défendent. Une rotation de spécialistes s'opére tout au long de la partie, en fonction de son déroulement. Chaque phase donne lieu à un véritable affrontement entre attaquants et défenseurs, qui disposent de leur propres techniques pour contrer l'adversaire. On pourrait presque parler de prises, comme au judo.

Le terrain :
Il mesure 100 yards de long (prolongé par deux zones d'en-but) pour 160 pieds de largeur. (1 Yard = 91 cm, 1 Pied = 30.48 cm)

Le ballon : Il dispose d'un lacet de fermeture qui en fait un ballon bien à part dans le monde de l'ovalie. Ce lacet est l'outil indispensable permettant au lanceur d'imprimer au ballon un mouvement rotatif qui stabilise et allonge sa trajectoire.


Points :
Chaque équipe doit porter le ballon dans l'en-but adverse pour inscrire des points : c'est le touchdown qui rapporte 6 points.
L'équipe qui réussit un touchdown bénéficie ensuite d'une tentative d'extra point. Au pied, elle rapporte 1 point. Mais elle peut aussi essayer de pénétrer à nouveau dans l'en-but sur une seule action. C'est une tentative à la main qui rapporte 2 points.
Autre moyen d'inscrire des points: le field goal (ou coup de pied au but, entre les poteaux) depuis l'endroit du terrain où se trouve le ballon. C'est 3 points.

Le grand principe du down :
Le point crucial du foot US est le système des downs ou possessions de balle. Lorsqu'une équipe entre en possession de la balle, elle dispose de quatre downs (actions) pour progresser, d'au moins 10 yards. Dès que ce cap est franchi, elle obtient une nouvelle série de quatre downs. Sinon, le ballon passe à l'adversaire. Cela signifie que si une équipe n'a pas progressé de 10 yards après trois downs, elle tente souvent un coup de pied au but lors du quatrième afin de concrétiser par des points. Évidemment, cela se joue parfois au centimètre, d'où l'utilité de l'espèce de chaîne (mesurant exactement 10 yards) qui est parfois amenée sur le terrain.
La terminologie utilisée est toujours la même: "2st and 8" signifie que l'on va jouer le deuxième down et qu'il reste 8 yards à parcourir pour atteindre le gain de 10 yards; "3rd and goal" signifie que l'on va jouer le troisième down et qu'il faut atteindre l'en-but (situé moins loin que les 10 yards).

Temps :
Un match se déroule en 4 quart-temps de 15 minutes. Une mise en jeu (kickoff) a lieu au début du premier et du troisième quart.
Le second et le quatrième quart-temps constituent simplement le prolongement de celui qui les précède; on permute uniquement les équipes sur le terrain, tout en conservant la position relative du ballon.
Comme au basket, le temps de jeu est effectif : toute interruption stoppe instantanément le chronomètre. Au total, un match de football américain dure prés de 3 heures. D'où le folklore (fanfares, pompom-girls,..) pour maintenir l' effervescence durant les interruptions.
Le temps est utilisé aussi comme tactique de jeu. En effet, celui-ci ne s'arrête que pour les temps morts, en cas de faute ou lorsque le porteur du ballon sort latéralement du terrain. Dans certains cas, l'attaquant a donc tout intérêt à sortir plutôt que se faire plaquer. Son équipe perdra ainsi un minimum de temps. Pour l'action suivante, la ligne de scrimmage sera fixée à l'endroit où le joueur est sorti.


Les phases de jeu :
Lors de chaque action, on pose d'abord le ballon sur la ligne de scrimmage (ou ligne de mêlée), ligne sur laquelle le ballon a été arrêté au terme de l'action précédente. Les joueurs prennent alors position, de part et d'autre. L'homme du centre de la ligne d'attaque passe le ballon entre ses jambes au quaterback qui, schématiquement, dispose de deux solutions: soit il donne le ballon à un de ses coureurs (qui tentent de perforer la défense adverse), soit il effectue une passe à un de ses receveurs (qui cherchent à se démarquer).
Les tactiques sont infinies et chaque équipe dispose de son propre cahier de jeu, où sont compilées toutes les combinaisons, mises au point durant les entrainements.

Autre chose: le QB peut se faire plaquer (saquer) avant qu'il n'ait eu le temps de passer le ballon. Dans ce cas, l'action s'arrête et l'équipe en attaque a perdu du terrain puisque, généralement, le QB se trouvait derrière sa ligne de scrimmage. Lors de l'action suivante, cette ligne sera établie à l'endroit où le QB a été plaqué.

Souvent les passes ne sont pas captées ("completed", en anglais).
- Premier cas : le ballon tombe directement sur le sol. L'action est alors annulée et le down suivant repartira de la même ligne de scrimmage.
- Second cas: le ballon est intercepté par un défenseur (soit juste après la passe du QB, soit après que l'attaquant l'ait lâchée). Le jeu s'inverse. Ce défenseur tente alors de courir dans l'autre sens et de gagner du terrain pour son équipe. Les attaquants adverses, mués en défenseurs, essayent de plaquer, à leur tour, le porteur du ballon pour l'empêcher d'aller jusqu'à leur en-but.

Dernier point : les coups de pied. Ils sont assez rares mais ils sont utilisés dans deux cas.
- Premier cas: la mise en jeu (kickoff). Le kicker de l'équipe qui met en jeu balance de ballon le plus loin possible. Un adversaire le récupère. Là, deux possibilités. Primo, il tente de remonter le terrain le plus haut possible avant d'être plaqué. Secundo, il pose le genou au sol et son équipe repartira sur sa ligne des 20 yards.
- Deuxième cas: le punt. Il est généralement utilisé lors des quatrièmes downs, lorsque l'équipe qui attaque est trop loin de l'en-but pour tenter un field goal et craint de ne pas pouvoir atteindre la limite des 10 yards. Elle perd donc le ballon mais tente de repousser l'adversaire le plus loin possible. L'action se déroule de la même manière que lors d'une mise en jeu.


Témoignage : Richard Tardits
(ancien international de rugby et joueur de NFL)

- Au rugby, le joueur est impliqué dans toutes les phases de jeu, en défense comme en attaque. On peut marquer des essais, aller plaquer à gauche ou à droite. Au football américain, le principe est d'occuper un poste bien spécifique où l'on doit toujours faire la même chose.

- On peut faire un match parfait individuellement et le perdre de 40 points si un partenaires à droite a fait deux ou trois fautes.

- Contrairement aux idées recues, les coups imfligés au football américain sont plus durs qu'au rugby. Au rugby, on peut être sonné, s'ouvrir un peu l'arcade sourcillière, prendre un mauvais coup, se faire griffer, se faire marcher dessus. Un coup d'éponge ou un bandage et ça repart. Au football, les coups sont souvent plus durs. Ils impliquent plus de lésions, fractures et déchirements musculaires. La sensation de sécurité (avec les protections) donne l'envie de s'engager à 100%, de ne pas se retenir. Bien que les joueurs expérimentés vous diront que celui qui s'engage le plus, évite le mieux les coups. Le principe, c'est que celui qui porte le coup ne le reçoit pas.

- Au rugby, il faut passer la balle, et en fonction de combinaisons de passes, marquer des essais. Au football américain, le but est de conserver la balle à tout prix. En ce sens c'est un sport où il faut plus penser à soi qu'aux autres.

Témoignage : Gilles Rabet
(ancien joueur de Foot US français et 3/4 de rugby au SC Angoulème)

- Au football américain, tu n'as pas le droit d'être créatif. Tu dois respecter à la lettre les consignes tactiques qui te sont données. Car si au football américain les règles de base sont moins compliquées qu'il n'y parait, l'aspect tactique est, lui, particulièrement pointu. "Toutes les combinaisons annoncées par le quaterback sont apprises par cœur. Rien n'est laissé au hasard. Tout est programmé.

- Si un seul joueur ne fait pas correctement son travail, c'est toute l'action qui foire. Cela implique une énorme solidarité et demande un timing impeccable. C'est impressionnant de voir par exemple une brèche qui s'ouvre dans la défense adverse, juste au moment où tu arrives.

- La différence entre le rugby et le football américian, c'est qu'au football américain tu peux faire une carrière professionnelle sans jamais toucher le ballon.




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