| Le
côté esthétique du Foot |
Julien
Gaignard - Mars 2007 |
If
You Look Good, You Play Good !
Telle
pourrait être la devise des joueurs de football
américain. Comme tout le monde le sait, le
football est plus qu’un sport c’est un
véritable show. Et comme dans tout spectacle
qui se respecte les strass et les paillettes sont
essentiels. Les joueurs universitaires et professionnels
n’échappent pas à la règle.
Ils mettent tout en place, avec l’aide de leurs
sponsors biens sur, afin d’avoir un look parfait
; le but étant d’être à
la pointe de la mode sportive tout en étant
en parfait accord avec les couleurs de leur équipe.
Le style est devenu une chose très
importante pour les joueurs de football américain,
que ce soit en NCAA ou en NFL, grâce à
la forte médiatisation de ce sport. Le fait
de passer en prime time presque quotidiennement amène
les joueurs à vouloir avoir le meilleur look
possible. Ils développent leur image afin d’être
connu, mais surtout reconnu, car les stars de la NFL
ou du college football sont copiés par tous
les jeunes joueurs de football et cela aussi bien
aux Etats-Unis qu’outre manche.
Cette fascination pour l’apparence
a été renforcée par une très
forte individualisation du style. En effet outre un
merchandising très développé
de la part des sponsors, une technique de personnalisation
a été mise en place par les grandes
marques d’équipement. Cette politique
a été appliquée pour la première
fois par Nike en 1984 lorsque la firme a signé
un contrat d’exclusivité avec la star
montante de la NBA de l’époque : Michael
Jordan. Avec un tel contrat, Nike a touché
le jackpot : en 1984 les ventes rapportées
986 millions de dollars et en 1998, 9 milliards 200
millions de dollars.
Pourquoi
un tel succès ? En créant un tel contrat
l’équipementier a bien compris que miser
sur l’image d’un athlète tel que
Michael Jordan lui permettrait d’attirer toute
la jeune clientèle qui ne souhaiter qu’une
chose : s’identifier à leur star préférée.
Et cela a continué au fil des ans et s’est
propagé à d’autres sports et notamment
au football américain. Comme dans tous les
sports, la NFL a permis l’essor de nombreuses
stars : Dan Marino, Barry Sanders, Deïon Sanders
ou autre Randy Moss…Et ce que les jeunes spectateurs
désirent le plus c’est ressembler à
leurs idoles et les différents articles vestimentaires
liés au football est le meilleur moyen. A l’heure
actuelle la star qui fait vendre dans notre sport
est Michael Vick, le quarterback des Falcons d’Atlanta.
L’ancienne star de Virginia Tech a, tout comme
Michael Jordan, eu le droit à une paire de
chaussures à son nom. Et cela a contribué
a développer la notoriété du
joueur qui n’a pourtant jusqu’ici remporter
aucun trophée majeur. Depuis que la voie a
été ouverte par la star de Blacksburg
(campus de Virginia Tech), plusieurs joueurs ont eux
aussi donné leur nom a des chaussures de foot
tels que Donovan McNabb des Eagles, Randy Moss à
l'époque ou i était un Viking, Emmitt
Smith et Roy Williams des Cowboys et même Allan
Iverson et Michael Jordan pourtant joueurs de Basket.
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En
France
En
ce qui concerne l’hexagone, le style
n’a pas eu le même impact chez
les premiers licenciés car il y avait
très peu de références
américaines étant donné
la faible médiatisation de notre sport
par les médias. Le foot américain
était une notion vague qui vivait plus
dans la tête des joueurs que sur des
photos. C’est seulement à partir
de 1984 avec la diffusion de la NFL sur les
écrans français, que les joueurs
ont pu commencer à prendre modèle
sur les stars de la ligue américaine.
Dès lors, avoir un bon look est devenu
important pour les nouveaux pratiquants (en
particulier les jeunes) qui ont tenté
d’avoir le meilleur style possible.
Et cela continue aujourd’hui avec la
nouvelle génération pour qui
avoir un bon look est aussi important que
de développer un bon jeu. C’est
cela qui fait que le football américain
est plus qu'un sport, c'est un véritable
spectacle. |
| La
visière
Dans
le domaine des innovations technologiques,
voici venu la visière. Un phénomène
de mode plutôt qu'une avancée
réelle pour ce sport.
Introduite
à la fin des années 90, la visière
est maintenant portée par 1 joueur
sur 10 dans la première division de
la ligue universitaire américaine et
ce chiffre grimpe a 1 sur 6 dans les postes
tels que defensive backs et running backs.
Et tout le monde s'y met, même les lanceurs
et les hommes de ligne offensifs. Sur les
20 meilleurs joueurs universitaires de cette
année, 10 ont des visières.
Alors revenons sur cet accessoire qui est
bien plus qu'un phénomène de
mode. La visière est d'abord popularisée
par les bad boys de l'université de
Miami tels que Sean Taylor (photo) et Clinton
Portis. Plusieurs équipes s'en inspirent
rapidement, surtout dans les états
ensoleillés tels que la Californie
et le Texas. Mais pourquoi cette folie pour
les visières ? Tout d'abord c'est un
moyen efficace de se protéger du soleil.
Finis les tubes de "Black Eye",
cet espèce de "noir à lèvre"
si populaire dans le baseball que l'on applique
sous les yeux et qui est censé attirer
le soleil. Le fait est que les joueurs s'en
servent plus comme une peinture de guerre
que comme un vrai pare soleil. De plus un
coup de serviette et vous vous transformez
en Chukky le méchant ! L'autre avantage
de la visière est d'éviter de
se prendre des coups entre la grille, même
si peu de joueurs donnent volontairement des
coups dans le pif de peur de se coincer les
doigts, il arrive d'en prendre de temps en
temps, et on les sent passer. Cela est surtout
le cas pour les joueurs portant des "grilles
ouvertes" de type EGOP ou OPO. Mais la
raison pour laquelle beaucoup de joueurs portent
des visières fumées est pour
se donner l'avantage d'examiner l'adversaire
avant le snap sans lui dévoiler ses
ambitions. Un coureur peut ainsi scruter le
placement de linebackers sans leur montrer
où il va courir.
Mais il y a aussi une raison médicale
aux visières. Elle aide les joueurs
à combattre le stress, c'est le cas
de Ricky Williams qui souffre entre autres
d'agoraphobie, c'est à dire qu'il est
mal à l'aise en présence de
beaucoup de monde. Il lui est déjà
arrivé de donner un interview après
un match en gardant son casque et sa visière
irridium. Malgré tous ces avantages
la visière garde un problème
majeur, son prix.
Commercialisée à 55 euros en
France, il faut la changer fréquemment
à cause des rayures. Mais même
si comme les gants elle s'impose peu à
peu, et à juste titre, dans l'équipement
du joueur moderne, n'en attendez pas des miracles.
L'habit ne fais pas le moine.
En
France quelle est la réglementation
?
Tout
dépend de l'opacité. Les visières
irridium sont interdites. De toute manière
elles ne sont pas vendues au public. Seules
quelques universités comme celle de
Miami ou UCLA s'en font faire spécialement
pour leurs joueurs. Les visières fumées
à 80 % ne sont acceptées que
sur recommandation écrite d'un médecin.
Il faut la présenter à l'arbitre
principal avant chaque rencontre. Ces visières
ne sont plus vendues par Oakley mais restent
disponibles à des prix exorbitants
sur internet (entre $100 et $200).
L'opacité des visières de couleurs
varie suivant les coloris et c'est donc à
l'arbitre d'estimer si un mot est nécessaire
ou pas. Enfin pour les visières légèrement
fumées (comme celles vendues par Oakley)
ou les transparentes, elle ne nécessitent
aucune paperasse. Pourquoi tant de précautions
? Car les arbitres sont censés veiller
à la sécurité des joueurs,
et une visière opaque peut gêner
le travail d'un médecin en cas d'urgence.
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| Julien Gaignard
- Mars 2007 |
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