Foot US à Marseille

S’il y
a bien un club qui a marqué les esprits dans la
ville bleue, c’est celui des Phocéens. Et
pour cause, il est le seul club de l’histoire de
la ville à avoir participé à la division
1.
Le club fait
son apparition en 1988, sous le nom de Phocéens,
dans le championnat de division 2.
Trois ans plus
tard et deux demies finales perdues d’affilées,
le club réussit enfin à remporter le Casque
d’Argent 1991(division 2), sous la houlette du Coach
américain, John
Mugglebee. Ce dernier ayant été remplacé
aux Argonautes par l’arrivée de Larry Legault.
Le club est en pleine ascension et vit une véritable
succès story.
Mieux, il réussit
à se qualifier pour les demies-finales de division
1, un an plus tard, en battant les coriaces Anges Bleus.
C’est le club rival des Argonautes qui va stopper
la belle aventure des Marseillais par une victoire, sans
appel, de 49 à 14. On est fin 1992. Entre temps,
le club a migré de Marseille à Marignane
et à changé de nom pour devenir, les Arcs-en-ciel.

Oui mais voilà,
la belle machine va s‘enrailler !
A vrai dire,
rien n’est vraiment claire (encore aujourd’hui)
sur les évènements qui vont se dérouler
durant l’été 1992. La seule chose
dont on soit certain, c’est que le Président
de l’époque (M. Bez) disparaît dans
la nature en laissant une dette de 200 000 F et des tas
de factures non honorées. Au moment de reprendre
les entrainements pour le championnat de division 1, c’est
la stupeur ! Pas de bureau directeur convoqué,
pas d’argent pour payer les déplacements,
pas de quoi d’indemniser les quelques joueurs américains,
… bref la faillite !
Dans un ultime
soucis de désespoir, les joueurs vont tenter de
créer un club en remplacement, appelé à
la hâte : Notre-Dame-Aubagne, mais l’aventure
est stoppée par des considérations juridiques
: il faut payer la dette. De plus, les joueurs ne sont
pas transférables dans la nouvelle structure, vu
que leur club d’origine (les Phocéens) n’est
pas dissout !

Ceux qui trinquent,
au final, seront les joueurs. Privés de matchs
officiels, ils devront se contenter de match amicaux en
attendant qu’un nouveau club voit le jour.
Les quelques
passionnés qui ne sont pas partis jouer aux alentours
ou qui n’ont pas définitivement arrêtés
par écœurement iront rejoindre, un an plus
tard, les Rebels. Le seul club de la ville va tenter de
reprendre le flambeau, mais ne réussira jamais
à s’imposer sportivement. Le club du tout
nouveau Président, Régis Huault, disparaît
en 1995. Date, à laquelle voit naître un
tout nouveau club, les Blues Stars
Comment une ville aussi
importante ne possède t’elle pas un grand
un grand club de football américain au vu du nombre
d’habitants dans l’agglomération et
la présence d’une des plus grande académie
de France.
Emile Lamblot, le
Président du club, n’en finit pas de
se lamenter sur le traitement que lui inflige la
mairie
depuis deux ans. |
Cette question, nous
sommes nombreux à nous la poser. Mais peu sont
capables d’y répondre. Et en premier lieu
les dirigeants du club. « La mairie ne nous fait
pas de cadeau, et il est toujours impossible de savoir
vraiment à l’avance où on va jouer
nos matchs, faute de terrain ! » rétorque
Emile Lamblot, l’actuel Président du club.
Et c’est peut-être
là l’explication. On est dans une ville de
soccer et c’est vraie que la mairie ne fait pas
de cadeau à cette équipe des Blue Stars.
Tout le monde se souvient, l’année dernière,
de ce match de playoff contre les Giants de Saint-Etienne
reporté à la dernière minute par
manque de terrain. On peut y voir aussi une volonté
de la part de ville de ne pas faire ombrage au rugby local
naissant. Il est vrai que la coupe du Monde de rugby approche
et il serait de bon ton de favoriser une équipe
professionnelle dans la troisième ville de France.
D’autant que les matchs de l’équipe
du XV de France fait stade comble à chaque représentation.
Bref, les amis du
football américain ne se bousculent pas dans les
collectivités locales pour permettre à ce
sport d’éclore. Et pourtant ! Le club est
très bien doté en effectif et réussit
à aligner une quarantaine de joueurs à chaque
match. Côté jeune : « la relève
est en route et nous construisons peu à peu »
affirme Julien Toth, un des cadres dirigeant du club.
Et c’est là, le plus terrible de l’histoire,
c’est que ce club ne manque pas de joueurs. Reste
qu’il faut pouvoir les encadrer correctement et
qu’actuellement les structures d’encadrement
sont timides et s’appuie sur un forme de bénévolat.
Les coachs ayant besoin de temps pour élever le
niveau sportif et pérenniser un programme pour
progresser, il devient urgent de prendre en charge un
ou deux permanents rénuméré, surtout
au niveau du coaching.
Côté
sportif, l’équipe senior se qualifie régulièrement
pour les playoffs mais se cassent aussi régulièrement
les dents au premier tour. Il semble que les résultats
sont liés à l’ambiance. Difficile
d’en savoir plus car les protagonistes ne sont pas
très bavards à ce sujet. La défaite
face aux Giants, l’an passée, reste toujours
inexpliquée. Comment un club qui fait un sans faute
en poule a pu se faire battre (assez facilement), alors
que son dauphin (Toulon) réussit à battre
le leader de la poule Rhône Alpes ?
Bref, à Marseille
tout est affaire de temps. «faut continuer à
apprendre » dixit le coach offensif, Julien Toht.
Par Belette - 2007