| Arbitres
français de Foot US
|
Belette
- 2008 |
Les mal-aimés
Sujet
tabou
Quand j’ai pris l’initiative
de dédier ces quelques lignes aux arbitres de ce
sport, je dois bien vous avouer que cela n’a pas
été simple. Entre les “mouaih...”
des rédacteurs, les autorisations spéciales
de la FFFA pour entrer dans les vestiaires des zèbres,
le manque crucial de documentation,… je me suis
cru dans une enquête sur un sujet qui dérange.
Le début
de mon enquête (donc) a commencé par une
relecture minutieuse des articles parus sur les arbitres
dans la presse spécialisée de notre sport.
La presse disparue, devrais-je dire. Et là stupeur
! C’est le néant ou presque. Allez, deux
articles complets ! Un dans un vieux Quaterback Magazine
de 1987 et un autre dans le USFoot Magazine de juin 1992.
Le ton est donné : les arbitres n’intéressent
personne dans ce sport et cela ne date pas d’aujourd’hui.
Plus grave, en re-parcourant les publications officielles
de la Fédération (3FA) qui existe depuis
novembre 1983, pas un mot ! Rien sur ceux qui sont les
chevilles ouvrières du fonctionnement de ce sport.
Quant on songe que ce sport est de loin le plus consommateur
d’arbitres, on se demande si certain ne se tire
pas une balle dans le pied. Rappelons qu’un match
de foot us nécessite, au moins 6 arbitres, pour
un bon déroulement. Ignorez cette fonction en oubliant
de la valoriser, c’est tarir le fleuve des vocations.
La
réputation
Mais de quoi souffrent
les arbitres, au juste ? La réponse est simple
: d’une mauvaise réputation. Beaucoup plus
dans le milieu du foot us, lui-même, que dans celui
du public. Là, où d’autres arbitres
de sport-co se battent pour ne pas être détestés
des tribunes, les nôtres se battent pour ne pas
être haï par les joueurs et coachs.
La
règle en cause
Un paradoxe qui s’explique
par l’essence même de ce sport qui est hyper
réglementé. D’où une plus grande
probabilité d’oublis ou de méconnaissance
de la règle. Le reproche majeur réside aussi
dans l’application de celle-ci. Il y a la faute,
mais faut-il la siffler ? Pour imager, on peut ressortir
cette vieille comparaison : le policier qui donnerait
des P.V. à tous les piétons qui traversent
en dehors du passage clouté. Et une réputation
de certains (parfois à juste titre) de Cowboys
du flag. Il faut savoir que dans un match de foot us,
il y a du holding à tous les jeux (usage illégal
des mains). Si on siffle toutes les fautes, les matchs
dureraient une journée.
Troisième
équipe
C’est tout le débat.
Certains ne veulent absolument pas entendre parler de
troisième équipe sur le terrain. Un match,
c’est deux équipes, pas trois ! Sinon l’équipe
d’arbitrage devient un adversaire supplémentaire
pour l’une ou l’autre.
Mais aller dire aux arbitres, qui pour la plupart consentent
à de lourds sacrifices pour être présents
les week-ends, qu’ils ne sont pas des acteurs à
part entière... c’est courir à la
catastrophe.
A contrario, quel est le jeune qui aurait envie d’endosser
un rôle dont on lui fait comprendre qu’il
doit être le plus transparent possible dans le scénario
? Autant être transparent, assis dans les tribunes
bien au chaud, merguez à la main !
Et
l’argent ?
Un autre sujet sensible,
mais au combien crucial, qui n’arrange rien au tableau.
Car c’est bien le nerf de la guerre.
Si les considérations d’argent n’entrent
pas trop en jeu dans les petites catégories (D3,
Junior, Cadet), cela n’en va pas de même en
Elite et en Division 2. La belle époque des 5 arbitres,
tous nationaux, qui officiaient durant un match est bien
révolue. “’C'est la crise !”,
nous dit-on du côté des clubs ! Du coup,
on est passé de 5 à 2 arbitres nationaux.
Le reste étant fourni par les équipes avec
des arbitres club, censés coûter moins chers
! Oui, mais pour la qualité, il faudra repasser.
Et pour avoir suivi une équipe d’arbitrage
durant tout un match Elite, je peux vous assurer que l’ambiance
mise par certains arbitres club ressemble plus à
celle d’une cours de récréation qu’à
celle d’une véritable équipe d’arbitrage.
Et comment justifier qu’une équipe puisse
être arbitrée par ses propres arbitres ?
Qui plus est en Elite ! Tout juste hallucinant!
Que
dire, aussi, de ces clubs qui préfèrent
payer leurs arbitres club aussi cher qu’un arbitre
national, pour qu’il reste au club et n’aille
pas tenter une carrière régionale ou nationale
?
Bref,
autant des questions qui ne trouvent pas toujours réponses.
Mais qui seraient bon d’évoquer, en ces temps
de dette remboursée et de bonne santé financièrede
la fédé.
|
Combien
sont-ils en 2008 ?
Beaucoup
d’arbitres
Sur les 7971 licenciés en équipement,
les arbitres sont 643. Ce qui fait environ 8% du total,
soit 1 arbitre pour 12 licenciés équipés.
Si on les compare aux 160 arbitres du rugby à XIII
(sport très proche en nombre de licenciés),
on se rend compte que cette fonction est largement plus
répandue chez nous. Il est donc plus facile de
côtoyer ou croiser un arbitre dans le petit monde
du foot us français que dans tout autre sport.
Normal me direz-vous, vu que les clubs sont obligés
de fournir des arbitres. Certes ! Mais n’est ce
pas là ce qui permet à cette fonction d’être
plus «aimée» et trouver ainsi sa respectabilité,
surtout dans les petites divisions ?
En
2008
| Arbitres Internationaux |
8 |
| Arbitres Nationaux |
14 |
| Arbitres Régionaux
Confirmés |
9 |
| Arbitres régionaux |
12 |
| Arbitres Clubs Confirmés |
88 |
| Arbitres Club |
512 |
| Total |
643 |
Répartition
inégale
En étudiant la carte, on constate
que la répartition géographique est inégale.
Cela tient au fait qu’il n’y a des arbitres
que là où il y a des clubs. Une région
avec beaucoup de clubs aura donc plus d’arbitres.
Hormis les trois grandes ligues (IDF, PACA, Rhône-Alpes),
on remarque que deux ligues atteignent la 50aine de licences
arbitre : BPL (Bretagne Pays de Loire) et Normandie. A
signaler, les 7 arbitres régionaux de la ligue
BPL (un record) et les 19 arbitres club des Salamandres
du Havre (un record après le club du Flash).
Là, où les choses commencent à se
déséquilibrer, c’est au niveau des
Arbitres Internationaux et Nationaux. La quasi-totalité
résident à Paris. Une raison liée
au fait que leur expérience a été
acquise à Paris auprès des clubs les plus
anciens de l’Elite. Ce qui entraine des frais supplémentaires
avec les déplacements en province pour les matchs
mais aussi pour les supervisions.
Pyramide
irrégulière
Autre inquiétude quand on construit
la pyramide par niveau. On passe de 600 arbitres club
à 21 arbitres régionaux. Les vocations se
font rare !
Plus inquiétant, il y a presque autant d’arbitres
régionaux que d’arbitres de niveau supérieur.
Un réservoir bien faible pour alimenter la crème
de l’arbitrage. Le spectre de voir des arbitres
régionaux officier en tant qu’arbitre principal
d’un match Elite n’est pas loin.
Pour
Arbitrer en D1 & D2 (en 2008)
| En
tant qu'arbitre principal |
| Arbitres Internationaux |
8 |
| Arbitres Nationaux |
14 |
| TOTAL |
22 |
| Ayant
fait le stade D1 & D2 |
| Arbitres Régionaux |
1 |
| Arbitres Club |
96 |
TOTAL |
97 |
C’est
quoi une CRA ?
Les CRA (Commission Régionale d’Arbitrage)
sont les commissions qui prennent en charge l’arbitrage
dans chaque ligue. Toutes les ligues n’en sont pas
pourvues, faute d’effectif. Elles se tournent alors
vers les ligues voisines.
La politique de remboursement des frais peut être
très variable, d’un CRA et une autre, par
exemple.
C’est
quoi la CFA ?
Autrefois, il existait une CCA (Commission Centrale d’Arbitrage).
Cette dernière a été fondue dans
la Commission de Football Américain (CFA) de la
Fédération. La partie arbitrage ayant été
confiée à un zèbre d’expérience
: Alain Fabre. Celui-ci est aussi membre du Comité
Directeur. A ce titre, il est le représentant des
Arbitres auprès de la FFFA.
Déroulement
d’un match
Plutôt que vous faire un long descriptif des procédures
que doit accomplir un arbitre, durant un match, nous vous
renvoyons au site de la Fédération. Vous
y trouverez tous les documents téléchargeables
qui permettent de mieux comprendre ce qui est nécessaire
au bon déroulement d’un match :
Taper
: www.fffa.org , cliquez sur «Football Américain»,
ensuite «Arbitrage».
Après
un ou deux coups de téléphone de confirmation
dans la semaine, un arbitre doit arriver au minimum deux
heures avant son match. Il faut compter une heure de plus
après le match pour accomplir toutes les formalités.
Avec 2 à 3 heures de match, il faut prévoir
sa journée du dimanche.
Combien
cela rapporte ?
Faites le calcul vous-même !
-sachant qu’un arbitre national et international
touche 75 euros par match Elite et D2 (60 pour un national
en D2),
-qu’ils font en moyenne 20 matchs par saison,
-qu’ils accomplissent 2 à 4 jours de formations
pour les CRA (1 jour de formation = 1 match) et 2 supervisions
(1 supervision = 1 match),
-qu’ils participent 2 jours au stage de formation
«Arbitre National» annuel,
Voilà, vous avez une fourchette !
A cela,
s’ajoutent le remboursement de la nourriture et
des frais de déplacement. Le taux de remboursement
est variable selon les CRA.
Tout ceci est approximatif car il faut bien reconnaître
qu’il est très difficile d’avoir les
chiffres exacts. Un problème lié à
toutes les Fédérations d’ailleurs.
Transparence quand tu nous tiens !
Les
Quotas
La règle stipule qu’il faut un maximum de
7 arbitres et un minimum de 3 pour le déroulement
d’un match.
En France, la FFFA impose aux clubs la présence
de 2 arbitres clubs, lors de la tenue d’un match.
Le reste doit donc être pourvu par les CRA ou la
CFA. Notamment pour le poste d’arbitre principal.
En Elite et D2, le problème est résolu car
la présence de 2 nationaux (ou internationaux)
est obligatoire.
En D3, régional, junior, cadet, l’arbitre
principal doit normalement être un arbitre régional.
Sauf qu’il manque beaucoup d’arbitres dans
certaines régions mais aussi quand les compétitions
se déroulent simultanément. Du coup, il
n’est pas rare de voir des arbitres club être
désigné comme arbitre principal. Une régle
toujours en vigueur stipule d'ailleurs, qu'en cas extrème,
n’importe quel licencié présent peut
être désigné arbitre du moment.
|
Cursus
pour devenir Arbitre de Foot US
Chaque étape suppose d'arbitrer des matchs
et être surpervisé par un arbitres supérieur
|
1 |
S’inscrire
dans un club et demander à être arbitre |
| 2 |
Pour obtentir
la licence arbitre club (valide 2 ans) :
Participation au stage «CLUB»
- animé par les CRA (commissions régionales
d’arbitrage)
- supervisé par des arbitres nationaux
- cours + test + pratique
>>
Peut participer à une équipe d’arbitrage
de : D3, Régional, Junior, Cadet |
| 3
|
Pour obtenir
le statut arbitre club confirmé :
Participation au stage «CLUB»
:
même principe que le stage «club»
mais avec plus de perfectionnement. |
| 4 |
Pour obtenir
le statut arbitre régional
:
Participation au stage «REGIONAL»
- animé par les CRA (commissions régionales
d’arbitrage)
- supervisé par des arbitres nationaux
- cours + test + pratique * (l’accent est
mis sur la gestion d’une équipe d’arbitres)
>>
Peut arbitrer un match : D3, Régional, Junior,
Cadet |
| 5 |
Pour obtenir
le statut arbitre régional
confirmé :
Participation au stage «REGIONAL
CONFIRME»
Même principe que le stage «régional»
mais plus poussé. |
6 |
Pour obtenir
le statut arbitre national :
Participation au stage «NATIONAL»
- animé par la commission national d’arbitrage
- supervisé par des arbitres nationaux et
internationaux
>>
Peut arbitrer un match : Division 1 & Division
2 |
7 |
Pour devenir arbitre international
:
Il faut surtout avoir fait ses preuves en tant
qu'arbitre national, notamment en Elite. La nomination
dépend beaucoup de l'avis de la commission
d'arbitrage et des nombreuses évaluations
par ses pères. Pour réduire l'écart
entre le statut d'arbitre national et international,
un statut de néo-international est en rodage.
>> Peut arbitrer
un match : international
|
NB
: Chaque année, un stage «Division 1 &
2» a lieu.
Il est indispensable aux arbitres des clubs de l’Elite
et de Division 2 pour officier à ce niveau. Il
est nécessaire pour familiariser les arbitres au
jeu à 11 (on joue à 9 en D3, junior et cadet)
et au nombre d’arbitres plus important dans ces
divisions.
|
|
| |