Interview
concernant l'Euro 2004
Nom
: Fesin
Prénom : Rudy
Numéro : #22
Poste : RB/WR - Wingback
Comment
avez-vous préparé l’événement
?
Tout a commencé par
un stage à Thonon-les-Bains. Il nous a fallu apprendre
le football à 11, la préparation était
très professionnelle et bien plus stricte que dans
les clubs. Le plus dur, c’est le réveil musculaire,
tôt le matin, quand tu as fait la bringue le soir précédent.
Nous avons fait un second stage de préparation avant
de partir en Russie, on a même eu droit à une
présentation de la Russie par les coachs, tous les
petit détails pour que le voyage se passe bien.
Comment
le groupe a vécu ce championnat ?
Dans ce groupe il y avait
une ambiance de folie, des joueurs surmotivés, un groupe
homogène, de vrais compétiteurs. Non, je dirais
plutôt qu’on était un vrai commando ! On
a envoyé la Légion en Russie !!
Que
penses tu de l’organisation de l’événement
à l’époque et de l’organisation
de l’équipe de France junior ?
A l’arrivée,
le car n’était pas là, l’accueil
des locaux n’a pas été exceptionnel. L’hôtel
par contre était vraiment bien. Plusieurs équipes
y étaient logées. Pour la nourriture, la Russie
c’est pas forcément les mêmes goûts
que nous mais bon c’est ça aussi les voyages
!
Pour l’encadrement, le coaching staff était très
professionnel et très impressionnant. Seul bémol,
les terrains d’entraînement, ils étaient
tout simplement inexistants !
Quelle
était l’ambiance dans le groupe ?
L’ambiance dans le groupe
était très tranquille mais sur le terrain tous
les gars allaient au charbon. Dans la guerre des tranchées,
le groupe ne s’est pas défilé, il était
vraiment en mission commandé et pour faire parler la
poudre, on avait des gars très rapides.
Quels sont les joueurs qui
t’ont impressionné en équipe de France
et dans les autres équipes ?
Chez les Russes le numéro
#99. Sur les kick off, il explosait tous les murs pour plaquer
le porteur de balle, rien ne lui résistait. Heureusement
pour les re-tourneurs, Jean Philippe Eldin avait pour mission
de le bloquer et le déséquilibrer.
Dans l’équipe de France, il faut citer Arnaud
Vidaller car il a vraiment impressionné en défense.
Et quand on le connaît bien, c’est un super gars.
Faut prendre le temps de le connaître (dédicace
à toi Arnaud). En attaque, pour ma part je pense qu’il
faut plébisciter toute la ligne offensive. Tu peux
avoir confiance en eux en 200%, ils ont toujours été
présents, et on pouvait rester derrière eux,
ils nous ouvraient des boulevards !
Quels
étaient la force et les atouts de l’équipe
de France pour ta génération ?
En premier lieu, notre atout
a été une ligne offensive solide et mobile,
très sure. Derrière elle, nous avons eu le deuxième
atout de l’équipe : la vitesse. Nous étions
tous très, très rapides que ce soit en receveur,
en retourneur ou en porteur de balle (Jeremy Bizet, Tanguy
Pichot, Loic Rivière, Romain Nefise). Je pense que
l’on a eu aussi une certaine intelligence dans le jeu,
de bonnes lectures de jeu.
Notre troisième avantage a été le coaching
judicieux fait par un coaching staff impressionnant et toujours
disponible.
Quels
sont tes meilleurs souvenirs de cette aventure (victoires,
td, interceptions, vie du groupe…) ?
Dans mes meilleurs souvenirs,
il y a toutes les batailles de polochons entre « gros
» et « rapides ». Les « crasses »
que l’on faisait aux hommes de ligne au stage de «
Eaubonne ». Pendant ce stage, il y a eu une ambiance
de folie. Le groupe a commencé à se former.
Ensuite mon meilleur souvenir sur le terrain est incontestablement
la victoire contre les Russes sur un match serré, très
tendu nerveusement. Et comment ne pas parler du moment où
on a reçu le trophée, cette victoire finale….une
joie indescriptible !
Quels
sont les mauvais souvenirs de ce championnat (blessure, défaite,
jeux, …) ?
J’ai aucun mauvais souvenir….non
je déconne ! La bouffe était vraiment pas au
top, je dois pas avoir les même goûts que les
Russes, en matière de nourriture.
As-tu
des anecdotes sur l’événement et son déroulement
?
La victoire finale nous a
fait pleurer comme des mômes, des chiffes molles, mais
il y avait trop d’émotions...sur la finale, on
s’est battu jusqu’au bout.
Ensuite les coach ont payé leur coup à boire,
on a fumé le cigare comme des « winner ».
On était comme des papes, les rois du monde, en quelque
sorte. Ensuite on a fait une fête de folie. Là,
il y avait plus de barrières de langue, on a plaisanté
avec des joueurs de pleins de pays. …enfin on est pas
champion tous les jours !
Veux
tu rajouter un commentaire finir ?
Je dédicace ma victoire
à ma famille qui a accepté de me laisser aller
en Russie. Ensuite je remercie énormément le
Flash, ma seconde famille et tous les éducateurs et
bénévoles du club. C’est grâce à
eux que j’étais là bas. Un petit bonjour
à tous les potes de l’équipe de France
junior notamment à Arnaud (Vidaller), les jumeaux (Aurélien
et Mathieu Gras), Loic, Romain et surtout ma monstrueuse O-line
adorée ; les gars je suis derrière vous, je
vous suis à 200% ! Un grand merci à tous les
coachs de l’EDF junior pour nous avoir supporté,
fait progressé, et surtout gagné !
L’interview réalisée
par Julien Tuery