Et
là, commence à s'opérer sur moi la magie
du foot avec son ambiance si particulière. Premières
images fortes : tout autour du stade, se sont des hectares
et des hectares de parkings remplis de voitures. Venus en
masse, toute la foule est là avec familles, bébés,
amis, etc ... . Des caravanes VIP pour certains, des limousines
pour d'autres (version transports en commun), toute la démesure
US s'exprime. Cette foule, venu là, dés le matin,
joue au ballon, aux cartes, fait cuire les burgers au barbecu,
boit des bières ou du vin californien en attendant
la dernière minute pour rentrer dans les tribunes.
Je mesure le gouffre qui nous sépare de nos cousins
du nouveau monde. Chez nous, on ne consacre que quelques heures
à aller voir un match, le plus important soit-il. En
Amérique, l’avant et l’après match
sont aussi importants que le jeu lui-même. On y
consacre la demi-journée voire plutôt la journée,
soirée comprise. Et ça, c’est encré
dans la tradition familiale yankee. On comprend mieux pourquoi
et comment un sport qui n'a qu'une heure de jeu effectif (mais
qui, en fait, dure trois heures en moyenne) est aussi populaire.


On approche du stade et là, nouvelle surprise ! Au
lieu de monter dans les tribunes, notre trajet passe sous
le stade pour rejoindre la pelouse. Ça y est, je pénétre
enfin dans une des plus belle arène du foot US, en
plein warm up des 2 teams, qui plus est !
Imaginez : Brett FAVRE en train de faire causette avec MARIUCI
(coach 49ers). A. FREEMAN, R. BROOKS, M. SHMURA en train de
se chauffer à la passe. En face, donnant la réplique
l’escouade WR de rêve, sir J. RICE, T. OWENS,
JJ. STOKES. Coté RB, G.HEARST chauffant sa OL pour
les courses, même topo pour Monsieur Dorsey LEVENS,
chez les Packers. Et puis le RG OSTROWSKI, le DT très
prometteur B.YOUNG et l’incontournable aboyeur K. NORTON.
Il ne manquait que Reggie WHITE, retraité de GREEN
BAY l’année précédente, pour compléter
la brochette des super-bowlers et pro-bowlers.
Que faire dans ces moments là ? En fait, rien ! On
ouvre grand ses yeux format 16/9eme et on prend tout ce qu’on
peut capter, en espérant que le cerveau face office
de disque dur pour graver l’inimaginable.
Les équipes retournent aux vestiaires tandis que le
stade se remplit. Que 69.000 spectateurs, ce soir, parait-il.
C'est dire !
Les équipes reviennent par le tunnel et le show commence.
Fumée, pétard, fanfares, hymne national chanté
par tout le stade et Huey Lewis and the News en guest stars,
feu d’artifice et bien entendu les cheerleaders californiennes
à réveiller les morts, bref la totale !
Mon pote me pousse: « tu as vu qui est à coté
de toi ? ». C’était Steve YOUNG, rien que
ça ! Au point où j’en étais ! Il
était blessé à cette époque. Une
blessure qui le poussera d'ailleurs vers sa retraite, en fin
de saison. Hall of Famer class 2005, 6 fois meilleur passeur
en saison, MVP du XXIX Superbowl, presque un héros
!
A
la différence de la France et même du College
football, il y a là une bonne cinquantaine d’athlètes
qui se pressent autour du coaching staff. On les sent surentraînés,
totalement concentrés et même un peu crispés,
pour certains. La "def" semble plus couarde que
l’escouade offensive. La OL reste très discrète
et converse surtout avec les RB et FB. J’ai été
très surpris aussi du caractère «électrique»
des LBs, véritables électrons libres de cette
machine de guerre.
Le truc le plus impressionnant reste les gabarits. Hauteur,
largeur, épaisseur, ... tout y est ! Les Tackles DT
et OT sont vraiment d’une autre planète. Avec
mes 1m84 et mes 104kg de l'époque, je ressemblais à
Passe-Partout de Fort Boyard, vous voyez le tableau !
C’est Terrell OWENS (superbowler avec les Eagles, cette
année) qui m’a le plus impressionné. Pour
l'avoir vu de prés, son titre 2004 de sportif US le
plus «powerfull » (devant S. O’NEAL) ne
me paraît pas volé : c’est une bête
!