Qu’elles
sont vos motivations et où puisez-vous votre énergie
pour exercer votre mandat de Président ? Et, au fait, êtes-vous
payé ?
Etre dirigeant dans
une association répond d’abord, je crois, à
un besoin composé d’un mélange de civisme
et de mise en valeur, chacune des deux composantes étant
plus ou moins fortement marquées.
Civique par l’envie d’être utile, de participer
à la vie d’un groupe donné ;
Mise en valeur car le monde associatif donne la possibilité
de prendre des responsabilités assez rapidement et d’autant
plus facilement que la reconnaissance est basée parfois
plus sur l’implication et la bonne volonté que la
compétence.
Quoi qu’il en soit, c’est, dans un premier temps,
une force véritable de motivation. Elle demande par la
suite à être entretenue et récompensée
pour donner à chacun la volonté de continuer.
Pour ma part, je n’ai jamais pu m’empêcher de
participer à fond, dans les choses que j’entreprends.
De plus, j’aime prendre des responsabilités et pouvoir
mener les actions à leur terme. Dés ma première
année aux Argonautes, j’ai demandé à
pouvoir aider. Dés que j’ai pensé connaître
assez bien le fonctionnement de la fédération, je
me suis présenté au comité directeur. Le
fonctionnement de l’époque ne me convenait pas complètement
et la rencontre avec Lionel Lacaze m’a donné l’occasion
de m’impliquer d’avantage dans le développement
de la fédération.
Mon unique souci de président est de développer,
selon des concepts et une éthique propres au sport, le
football américain.
J’ai la chance d’avoir beaucoup d’énergie,
je travaille en moyenne 12 heures par jour et quasiment 7 jours
sur 7, mais à l’unique condition de ne faire que
des choses qui me passionnent.
Bien évidemment, je ne suis pas payé pour mon poste
de président, le système associatif Loi 1901 interdit
à un élu d’être rémunéré
pour les fonctions qu’il assure.
Ce qui me fait vivre, c’est mon poste de Directeur de l’Office
de Tourisme.
Tous
ceux qui ont été président de la FFFA avant
vous y ont perdu des plumes, soit des amis pendant l’exercice
de leur fonction. Diriger divise, diriger déchire…
Avez-vous peur de vous casser les dents ou de faire du mal ?
Je crois d’abord
qu’il ne faut pas plaindre les dirigeants car personne ne
les a forcés à prendre ces responsabilités.
Cependant, il est vrai que diriger n’est pas chose facile
.
Le rôle d’un dirigeant est de décider en fonction
d’une situation de plus en plus large et globale à
l’encontre de certains intérêts locaux. C’est
alors qu’il y a opposition.
Mais il s’avère, et nous en avons eu la preuve dans
notre fédération, que même s’il est
facile dans l’instant pour un dirigeant de contenter tout
le monde, cette solution est néfaste à moyen terme
pour l’ensemble du groupe car il n’y a plus l’utilité
d’avoir des règles et c’est le désordre
total. Or, les gens vous élisent pour que vous édictiez
des règles cohérentes et surtout que vous les fassiez
respecter.
Pourquoi
avoir pris des responsabilités : pour vous mettre en valeur,
pour avoir un titre ou pour être au service d’une
communauté de gens ?
Je n’ai pas
peur de me battre pour mes idées parce que j’estime
qu’elles sont justes, réfléchies et le plus
cohérentes dans la situation donnée. Je suis donc
prêt à aller au bout pour les faire accepter, à
moins qu’on me prouve que j’ai tort.
J’ai horreur de faire du mal à quelqu’un et
par conséquent, j’essaie d’éviter au
maximum le rapport de forces en écoutant et en demandant
l’avis des personnes concernées, mais à un
moment, il faut faire un choix et mon rôle est de trancher
dans le sens du bien général, qu’elles qu’en
soient les conséquences pour moi, ce qui m’amène
parfois à prendre des décisions qui me coûtent
véritablement.
Mes seuls ennemis sont l’hypocrisie, l’injustice,
la tricherie, l’immoralité et l’irrespect.
Par conséquent, j’assume totalement les conséquences
qui incombent au rôle de président et, conscient
d’être loin d’avoir LA connaissance, je ne prends
jamais de décisions importantes sans avoir fait un tour
de table de gens que j’estime compétents dans le
domaine. D’où l’importance pour moi du travail
en équipe et le choix de mes collaborateurs car j’estime
qu’on ne peut pas tout faire correctement tout seul et qu’il
faut impérativement pouvoir s’appuyer sur des gens
de confiance pour déléguer.
|